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jeudi 8 janvier 2015

La faute du jeudi — catégorie ‘orthographe’

« Par acquis de conscience … »

Notre journaliste essaierait-il de s’acheter une conscience…?


EXPRESSION « CONSACRÉE » : PAR ACQUIT DE CONSCIENCE

Définitions :
- « Afin d’être quitte avec sa conscience, de ne pas risquer d’en avoir la conscience chargée. »(1)
- « Pour n’avoir rien à se reprocher[, po]ur éliminer d’éventuels scrupules[.] »(2)
- « Pour avoir l’esprit tranquille, sans doute ni regret. »(3)

Aussi, si on s’en tient strictement à la signification de l’expression dans son contexte, on a déjà une bonne idée du problème (sémantique, donc), lorsqu’on s’arrête aux sens des homophones acquis et acquit :
« Acquis et acquit sont des homophones, c’est-à-dire des mots de même prononciation mais n’ayant pas le même sens. Pour éviter de confondre ces deux mots, disons, en résumé, qu’on emploie acquit dans le sens de “acquittement” et acquis dans le sens de “acquisition”. »(4)
Ainsi, on peut facilement concevoir que le locuteur qui utilise cette expression ne cherche pas à « acquérir » une conscience, mais bien à l’« aquitter », à « être quitte avec sa conscience », comme le dit si bien la première définition ci-dessus.


CORRECTION
Par acquit de conscience …

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* Source de l’image : Article Ebola : Pas de nouvelles, bonnes nouvelles (ou presque), paru le 8 janvier 2015 sur le site Web de La Presse
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(1) Wiktionnaire
(2) Expressio.fr
(3) Linternaute.com
(4) Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française

jeudi 24 mai 2012

La faute du jeudi – catégorie ‘impropriété’

«de neutralisant à élégant»

NEUTRALISANT, ANTE
adj. et n. m. 1. Qui neutralise. 2. CHIM. Substance qui neutralise.(1)

adj. Qui neutralise; propre à neutraliser.(2)
NEUTRALISER
v. tr., pronom.
VERBE TRANSITIF
1. (CHIM.) Supprimer le caractère acide d’une substance en y ajoutant une base, ou inversement, supprimer le caractère alcalin d’une substance en y ajoutant un acide. 2. Empêcher d’agir par une action contraire. 3. Rendre neutre (un pays, un territoire).
VERBE PRONOMINAL
Se contrebalancer. SYN. équilibrer.(3)

v. tr. Rendre neutre. 1. POLIT. Assurer à (un État, un territoire, une ville) la qualité de neutre. 2. CHIM. Neutraliser un acide par une base. – PHYS. Annuler, amortir l’effet de (une autre couleur). – LING. L’opposition entre consonnes sourdes et sonoresse neutralise à la finale absolue en allemand. 3. COUR. Empêcher d’agir, par une action contraire qui tend à annuler les efforts ou les effets; rendre inoffensif. ⇒ annihiler, compenser, contrebalancer, désamorcer.(1)
Comme on le constate ici, il est peu probable qu’un commerce de vêtements ait voulu faire la promotion de ses articles en en vantant le caractère «qui empêche d’agir» ou «qui annule les effets de…». On aura plutôt voulu parler de la tendance des couleurs dites neutres :

NEUTRE
adj. Couleur, teinte neutre, indécise, sans éclat.(1)

adj. Se dit d’une couleur qui n’est ni franche ni vive.(2)

CORRECTION
de neutre à élégant

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(1) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(2) [Le petit Larousse illustré 2012, édition limitée, éditions Larousse, Paris.]
(3) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]

mercredi 16 mai 2012

Dette langagière

Encore cette semaine, je vous présenterai une tournure fréquemment utilisée qui peut sembler correcte, mais qui, dans certains contextes ne l’est pas.
[L]es mots dû à s’emploient de façon tout à fait justifiée avec le verbe être (parfois sous-entendu) dans le sens de «causé par» ou «attribuable à», l’expression dû à ne doit pas être employée comme locution prépositive pour signifier «à cause de, en raison de, du fait de, par suite de», «à la suite de» ou «grâce à».

Exemples :
- Le retard de l’avion est dû aux tempêtes qui sévissent sur la côte.
- Cette méprise due à l’inexpérience du jeune employé ne se reproduira pas.

Exemples fautifs :
- Dû au mauvais temps, tous les vols sont retardés.
- Sa voiture a dérapé dû aux freins trop usés.
- Dû à l’embouteillage sur le boulevard Laurier, je suis arrivée en retard.
- Dû à des changements de dernière minute, il a fallu rédiger un nouveau contrat.(1)
On peut souvent tenter de remplacer l’expression qu’on soupçonne d’être inadéquate par une autre, pour en justifier ou non le caractère correct.
La locution adjectivale dû à est bien française. Par exemple, il est tout à fait correct de dire : Le retard est dû à un problème technique. Si on peut la remplacer par attribuable à ou imputable à, la locution dû à est bien choisie. En revanche, la locution dû à est considérée comme un calque de l’anglais lorsqu’elle a une valeur adverbiale. Autrement dit, lorsqu’on peut la remplacer par en raison de, à cause de ou compte tenu de, la locution dû à est un anglicisme.(2)
Une autre façon de vérifier la légitimé de l’utilisation de dû à est de se poser la question suivante : est-ce que possède un antécédent nominal? Pour trouver l’antécédent, il suffit de se demander : qu’est-ce qui est dû?

Si je me réfère aux exemple présentés ci-dessus, on peut se demander, pour les deux exemples corrects :
- Qu’est-ce qui est dû aux tempêtes? → le retard.
- Qu’est-ce qui est due à l’inexpérience? → la méprise.
Par contre, si l’on regarde le deuxième exemple fautif :
- Qu’est-ce qui est dû aux frein trop usés? → On ne peut pas répondre : la voiture. C’est plutôt le fait que la voiture ait dérapé qui est l’antécédent ici, et il ne s’agit pas d’un nom mais bien d’un verbe (en fait, de toute une proposition, ici). On peut ainsi considérer l’emploi de dû à comme fautif dans cet exemple.

En espérant que ces explications aient su vous éclairer.

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(1) Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française
(2) BERTRAND, Guy. Le français au micro.

mercredi 2 mai 2012

Comment procéder?

Si je vous dis que vous devez prendre l’habitude de sauvegarder vos données sur votre ordinateur, dois-je alors vous suggérer d’appliquer une procédure de sauvegarde, un procédé de sauvegarde, ou plutôt un processus de sauvegarde? Y a-t-il une (ou plusieurs) nuance entre les trois termes et si oui, laquelle ou lesquelles? La réponse n’a rien d’évident, du moins de prime abord. Est-ce à dire que procédé, procédure et processus sont trois termes vaguement interchangeables, donc synonymes?
Procédure appartient d’abord à la langue du droit, et signifie «ensemble de règles qui doivent être nécessairement suivies, et dans un certain ordre, pour la revendication de certains droits ou le règlement de certaines situations juridiques». […] Ce mot connaît actuellement une grande vogue, qui le fait passer dans toutes sortes de domaines. […] Il ne faut pas confondre [procédure et procédé] avec processus, «marche, déroulement plus ou moins réglé ou régulier».(1)
Ainsi, selon ces informations : la procédure est un ensemble de règles qui appartient au droit, alors que le processus équivaut à une suite de règles. Voyons maintenant ce que nos dictionnaires en disent :

PROCÉDURE
«n. f. 1. (DR.) Manière de procéder en justice. 2. Ensemble des règles à suivre pour parvenir à un résultat dans le cadre d’une opération complexe.
FORME FAUTIVE
*procédure. Anglicisme au sens de procédé, marche à suivre, méthode, mode d’action(2)

«n. f. 1. VX Manière de procéder pour aboutir à un résultat. 2. Manière de procéder juridiquement; série de formalités qui doivent être remplies. 3. Branche du droit qui détermine ou étudie les règles d’organisation judiciaire, de compétence, d’instruction des procès, d’exécution des décisions de justice. 4. TECHN. Ensemble des procédés utilisés dans la conduite d’une opération complexe. ◊ INFORM. Ensemble de commandes système ou de tâches répétitives.»(3)

PROCÉDÉ
«n. m. 1. Moyen utilisé pour parvenir à un résultat déterminé. SYN. formule; méthode; système. 2. Manière d’agir.
NOTE Ne pas confondre avec les noms suivants :
procédure, ensemble de règles;
processus, suite de phases.»(2)

«n. m. 1. LITTÉR. Façon d’agir à l’égard d’autrui. ⇒ comportement, conduite. 2. Méthode employée pour parvenir à un certain résultat. ⇒ moyen, système. 3. DIDACT. Forme particulière qui revête le déroulement d’un processus. […]»(3)

PROCESSUS
«n. m. 1. Suite des différentes phases d’un phénomène. 2. Développement progressif.
NOTE Ne pas confondre avec les noms suivants :
procédé, méthode, moyen;
procédure, ensemble de règles.»(2)

«n. m. I. […] II. 1. DIDAC T. Ensemble de phénomènes, conçu comme actif et organisé dans le temps. ⇒ évolution. 2. COUR. Ensemble de phénomènes se déroulant dans le même ordre; façon de procéder. 3. Suite ordonnée d’opérations aboutissant à un résultat. ⇒ procédure(3)

Hmmm... Les définitions ci-dessus nous en apprennent un peu plus, mais y perdure malgré tout une certaine ambiguïté, surtout lorsqu’un terme donne l’autre comme synonyme. Allons voir les explication de l’Office québécois de la langue française :
On utilise parfois à tort les mots procédé, processus et procédure. En effet, ces trois mots prêtent à confusion puisqu’ils comportent un sens commun qui est celui de «méthode».

Le mot procédé désigne une méthode utilisée en vue d’obtenir un résultat déterminé.
[…]
Le mot processus est un mot d’origine latine qui signifie «progrès, progression». En français, il désigne soit une suite continue de faits, de phénomènes présentant une certaine unité ou une certaine régularité dans leur déroulement, soit un ensemble d’opérations successives, organisées en vue d’un résultat déterminé.
[…]
Le mot procédure désigne une série de formalités ou de démarches à accomplir, un ensemble de règles auxquelles il faut se soumettre, dans une situation déterminée.
[…]
En résumé, un procédé, c’est une méthode employée pour obtenir le résultat recherché, un processus, c’est une suite d’opérations, et une procédure, c’est un ensemble de règles qu’il convient d’observer pour obtenir un résultat donné.

Exemple :
- Jean a employé des procédés douteux pour accélérer le processus d’enquête de la procédure judiciaire.(4)
Ainsi :
procédé = méthode, moyen
procédure = ensemble de règles
processus = suite de phases

Voilà qui est maintenant limpide!

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(1) [COLIN, Jean-Paul (2006). Dictionnaire des difficultés du français. Éditions Le Robert, collection Les usuels, Paris.]
(2) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(3) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(4) Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française

mercredi 11 avril 2012

Peut-on réconcilier l’inconciliable?

Inspirée des informations trouvées concernant conduire et reconduire pour mon billet d’il y a deux semaines, je suis tombée sur une nuance de sens importante entre les mots irréconciliable et inconciliable.
Il ne faut pas confondre […] l’adjectif irréconciliable, dérivé du verbe réconcilier, et l’adjectif inconciliable, dérivé du verbe concilier.

[Ex. :] Les intérêts des parties en présence semblent inconciliables. (et non pas irréconciliables; mais : Ils sont maintenant devenus des adversaires irréconciliables.)(1)
Certes, le premier est construit sur réconcilier et le second sur concilier, mais réconcilier semble bien construit sur concilier, non?
On confond parfois les adjectifs inconciliable et irréconciliable, qui appartiennent à la même famille de mots mais qui diffèrent quant à leur signification.

La différence sémantique qui existe entre ces deux adjectifs s’explique par le sens des préfixes ayant servi à leur formation. Ces éléments viennent modifier la signification de la base de mot commune conciliable, «qui peut aller ensemble, s’harmoniser», et confèrent à inconciliable et à irréconciliable des sens bien distincts.

Inconciliable signifie «que l’on ne peut concilier, rendre compatibles, rapprocher» lorsque l’on parle de choses et, beaucoup plus rarement, «qui ne peuvent s’entendre, être d’accord» lorsque l’on parle de personnes. Le préfixe in- vient modifier le sens de conciliable en lui ajoutant une valeur de négation.

[…]

Pour sa part, l’adjectif irréconciliable a le sens «qu’on ne peut réconcilier, remettre en harmonie», en parlant surtout de personnes, et «qui refuse de s’apaiser», en parlant de personnes et de sentiments. Le mot est formé du préfixe ir-, qui indique aussi la négation puisqu’il s’agit d’une variante de in-, et du préfixe ré- qui exprime le retour à une situation initiale et implique par conséquent un état contraire à celui de conciliable. En effet, réconcilier, à la différence de concilier, présuppose l’idée d’un désaccord.(2)
Voilà qui est plus clair, maintenant qu’on a bien décortiqué les préfixes qui composaient les deux mots dont il est questions :
→ inconciliable = in + conciliable = «qu’on ne peut mettre en harmonie»
→ irréconciliable = in + re + conciliable = «qu’on ne peut mettre en harmonie de nouveau» (ou «remettre en harmonie»)

Limpide! :)

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(1) [GUILLOTON, Noëlle et Hélène CAJOLET-LAGANIÈRE (2005). Le français au bureau, 6e édition. Les publications du Québec, p. 365-366.]
(2) Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française

mercredi 28 mars 2012

Reconduire un ami en voiture vous donnera le double du chemin à faire

La semaine dernière, en rédigeant mon billet sur le préfixe re- et son utilisation correcte devant des verbes commençant par une voyelle (tels récouter et réécouter), j’ai aussi pu constater une autre information intéressante quant à l’utilisation de ce préfixe, information que j’ai voulu présenter cette semaine.
Le préfixe re- et ses variantes ré-, r- et res- servent à former de nombreux verbes et noms, que les dictionnaires ne peuvent pas tous répertorier. Ce préfixe indique souvent la répétition d’une action (refaire, redire, retourner), le retour à un état antérieur (refermer, renouer) ou le renforcement (rechercher, remplir). Les mots formés avec ce préfixe ne prennent pas de trait d’union.(1)
Le Français au bureau nous donne les précisions qui suivent :
[I]l faut éviter d’employer un verbe composé avec le préfixe re- lorsque le sens ne l’exige pas (par exemple, ne pas employer rejoindre au lieu de joindre, relier au lieu de lier, rentrer au lieu d’entrer, reconduire au lieu de conduire, rajouter au lieu d’ajouter, rapporter au lieu d’apporter, réchauffer au lieu d’échauffer, retrouver au lieu de trouver, regrouper au lieu de grouper, rechercher au lieu de chercher, rouvrir au lieu d’ouvrir, etc. […] Les confondre et toujours employer la forme en re- serait se priver d’un moyen d’expression fort utile.

- Je n’ai pas réussi à vous joindre au téléphone. (et non pas à vous rejoindre)
- C’est elle qui entre en scène la première. (et non pas qui rentre en scène)
- Les élèves qui sont entrés au secondaire cette année… (et non pas qui sont rentrés)
- La veille de son départ, il lui a proposé d’aller la conduire à l’aéroport. (et non pas d’aller la reconduire)
- Avant un match, il est bon de faire des exercices d’échauffement. (et non pas des exercices de réchauffement)
- Cette règle se trouve à la page 120. (et non pas se retrouve)
- Les documents à consulter sont groupés dans ce classeur. (et non pas sont regroupés; mais Les documents étaient éparpillés, on les a regroupés.)
- J’ai dû chercher ce mot dans un dictionnaire. (et non rechercher, à moins qu’il ne s’agisse d’une nouvelle consultation sur le même mot)
- Il n’a pas pu ouvrir la boîte de l’appareil lorsqu’il l’a reçue. (et non rouvrir, ni à plus forte raison réouvrir, qui est un barbarisme. Mais le nom dérivé est réouverture.)
[…]

Il faut aussi éviter d’employer dans la même phrase un verbe composé avec re- marquant la répétition et la locution adverbiale de nouveau, ce qui constituerait une redondance.

- Il est revenu hier ou Il est venu de nouveau hier. (et non pas Il est revenu de nouveau hier.)(2)
Tout cela est ainsi fort intéressant et très utile à savoir. En espérant que ces informations vous inspirent à redoubler de vigilence lorsque vous vous exprimerez.

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(1) Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française
(2) [GUILLOTON, Noëlle et Hélène CAJOLET-LAGANIÈRE (2005). Le français au bureau, 6e édition. Les publications du Québec, p. 365-366.]

jeudi 9 février 2012

La faute du jeudi – catégories ‘sémantique’ et ‘syntaxe’

→ «Cette offre ne peut être jumelée avec aucune autre offre, …» ←

JUMELER
«v. tr. 1. Réunir et favoriser les échanges entre deux groupes, deux ensembles. […] »(1)

«[…] 2. COUR. Ajuster ensemble (deux objets, deux choses semblables).»(2)

«v. t. 1. Ajuster côte à côte deux objets semblables et disposés de la même façon; accoupler. […]»(3)


AVEC
«prép.
I. 1. (Marque le rapport : présence physique simultanée; accord moral, entre une personne et qqn ou qqch.) En compagnie de (qqn, un animal). 2. (Marque des relations quelconques entre personnes.) 3. (Opposition) 4. (En tête de phrase) En ce qui concerne (qqn).
II. (Marque la simultanéité) 1. En même temps que. 2. (Addition, adjonction) 3. (Présence simultanée d’éléments qui contrastent) 4. (En tête de phrase) Étant donné la présence, l’action de. 5. (Marquant l’accompagnement) Qui comporte.
III. (Marque le moyen, la manière) 1. À l’aide de, grâce à, au moyen de. 2. (Manière) ♦ CONTR. sans.»(2)

«prép. 1. Indique un rapport de relation (accompagnement, appartenance, accord, association). 2. Indique la manière. 3. Indique le moyen, l’instrument. 4. Indique la cause. 5. Indique la simultanéité.»(3)


EXPLICATION
La faute d’aujourd’hui réside donc dans une fine nuance sémantique, qui cause ici une redondance. Le sens même du verbe jumeler inclut déjà l’idée de «ensemble», «réuni», sens qui est aussi contenu dans la préposition avec. Il est donc inutile de rajouter cette préposition à ce verbe et préférable de changer la préposition pour à (on jumelle (qqn, qqch) à (qqn, qqch)). Autrement, on pourrait également conserver la préposition mais changer le verbe en en utilisant un qui ne contient pas l’idée de «mise en relation».


CORRECTION
Cette offre ne peut être jumelée à aucune autre offre, …
ou
Cette offre ne peut être utilisée avec aucune autre offre, …

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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(3) [Le petit Larousse illustré 2012, édition limitée, éditions Larousse, Paris.]

mercredi 1 février 2012

Les parents «mono» ou «stéréo»?

Quelques-unes de mes amies mamans font souvent la blague, lorsque leur copain doit être absent pour quelques jours, qu’elles se retrouvent alors «mères monoparentales pour la fin de semaine», par exemple. Mais est-ce véritablement le cas, même à la blague?

MONOPARENTAL, ALE, AUX
«adj. Où il y a un seul parent, le plus souvent la mère. Famille monoparentale.»(1)

«adj. Où il n’y a qu’un seul des deux parents, généralement la mère. NOTE L’adjectif monoparental signifie ‘‘où il n’y a qu’un seul des deux parents’’. Une personne ne peut être monoparentale; une famille ou un ménage peuvent l’être. On pourra aussi employer l’adjectif seul, le terme chef de famille(2)
L’adjectif monoparental qualifie une famille qui ne comporte qu’un seul parent. En principe, monoparental ne peut qualifier que des mots comme famille, cellule ou foyer. Il est abusif de dire qu’une femme est mère monoparentale ou qu’un homme est père monoparental. De même, on évitera de dire une monoparentale et un monoparental (monoparental est un adjectif et non un substantif). Pour désigner une femme qui élève ses enfants sans l’aide d’un conjoint, on parlera plutôt d’une mère chef de famille monoparentale, d’une mère élevant seule ses enfants, d’une mère sans conjoint ou d’une mère seule, tout simplement. Le terme mère célibataire, quant à lui, est de moins en moins courant.(3)
Voilà qui est sémantiquement plus clair. Mes amies mamans devront donc se raviser et utiliser plutôt les formulations suggérées en vert, ci-dessus.

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(1) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(2) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(3) BERTRAND, Guy. Le français au micro.

mercredi 18 janvier 2012

Opération correction!

Si l’on prend les exemples suivants, qui incluent tous le verbe opérer, lesquels sont corrects et lesquels ne le sont pas, selon vous?

1- Ce médecin opèrera un œil de la cataracte.
2- Cet homme opère une petite entreprise depuis bientôt cinq ans.
3- Le chimiste opère la séparation de deux substances.
4- Le Bloc québécois veut opérer un changement des mentalités.
5- Ce conseiller financier opère bien discrètement.
6- Mon antibiotique opérera d’ici deux heures.

OPÉRER
«v. tr. 1. VX Produire, déterminer. ◊ MOD. ABSOLT Faire effet. → agir. 2. Accomplir (une action), effectuer (une transformation) par une suite ordonnée d’actes (opérations). → exécuter. ◊ ABSOLT Faire l’acte, l’action qu’on a à faire. → procéder. 3. Soumettre (qqn) à une opération chirurgicale. ◊ Traiter (un organe, une malformation, une lésion) par une opération chirurgicale. ◊ PAR EUPHÉM. Faire opérer (un animal domestique), le faire stéréliser chirurgicalement. 4. S’OPÉRER v. pron. → se faire, se produire. (cf. Avoir lieu).»(1)

«FORMES FAUTIVES
*opérer un commerce. Anglicisme au sens de diriger, exploiter, gérer, tenir un commerce, tenir boutique.
*opérer une entreprise. Anglicisme au sens de diriger, exploiter, gérer une entreprise.
*opérer une machine. Anglicisme au sens de actionner, conduire, faire fonctionner, manœuvrer une machine(2)
Le verbe opérer a plusieurs significations; en plus de son sens bien connu, lié à la chirurgie, il peut signifier par exemple «accomplir une action ou une série d’actions dans un but déterminé», «agir d’une certaine façon» ou encore «produire un effet».
[…]
Toutefois, opérer n’a pas des emplois aussi étendus que le verbe anglais to operate. Contrairement à ce dernier, opérer n’est pas synonyme d’exploiter, faire affaire, être en service, diriger ou encore faire fonctionner. Plusieurs locutions et verbes français sont disponibles pour exprimer ces notions relatives au domaine des affaires et de l’administration, outre ceux déjà mentionnés : exercer ses activités, avoir des activités, avoir des bureaux, agir, être actif, être implanté, être présent (dans un pays, une région), intervenir, posséder, tenir (un commerce), tourner, faire tourner, etc.»(3)
Conclusion? De nos six exemples, seul l’exemple no 2 était fautif. Toutefois, cet usage s’avère malheureusement fréquent :
«Quand tu opères une entreprise qui a une moyenne d’âge d’environ 30-35 ans, puis qu’un programme comme ça est annoncé, pour les 20 à 25 prochaines années, je peux vous dire que pour les gens qu’on a ici, c’est une très belle assurance pour leur avenir.»
[Pierre Lemay, président d’une petite entreprise (Techsol Marine), à propos du contrat accordé à Irving pour la construction de 21 navires pour les Forces canadiennes. 14 décembre 2011, 22h24, au Téléjournal de Radio-Canada.]
Gardez donc en tête que le verbe opérer ne peut pas servir de synonyme à exploiter, diriger ou faire fonctionner, mais est d’un usage correct au sens de «accomplir une action dans un but déterminé», «agir d’une certaine façon» ou encore «produire un effet».

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* Pour des exemples, consulter l’article complet de la Banque de dépannage linguistique(3).
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(1) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(2) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(3) Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française

mercredi 11 janvier 2012

Rencontres impropres…

Encore une fois cette semaine, il sera question de l’usage fautif d’un terme, usage tellement fréquent qu’on ne le remarque possiblement plus. À titre d’exemple, voici une citation de l’animateur Guy A. Lepage à son émission Tout le monde en parle, diffusée le 31 décembre 2011 sur les ondes de Radio-Canada, à propos du retrait du Canada du protocole de Kyoto : «D’après le ministre Kent, le Canada n’aurait jamais été capable de rencontrer les engagements qu’il avait pris à Kyoto sans faire des choix radicaux et irresponsables.»

RENCONTRER
«v. tr. I. 1. Être mis, se trouver en présence de (qqn) par hasard. ◊ Se trouver avec (qqn avec qui une rencontre a été ménagée). – SPORT Être opposé en compétition à (un adversaire). ◊  Se trouver pour la première fois avec (qqn). ◊ Trouver parmi d’autres (qqn dont on a besoin). 2. Se trouver près de, en présence de (qqch.). → atteindre, trouver. ◊ Se trouver en présence de (un obstacle, une résistance). → heurter. 3. FIG. Se trouver en présence de (un événement, une circonstance fortuite, une réaction qu’on a suscitée).»(1)

«v. tr. Se trouver en présence de quelqu’un de façon voulue ou par hasard.
FORMES FAUTIVES
*rencontrer (des besoins, des demandes).
Anglicisme au sens de répondre à, satisfaire.
*rencontrer (des conditions).
Anglicisme au sens de satisfaire à, remplir.
*rencontrer (des difficultés, un problème).
Anglicisme au sens de éprouver.
*rencontrer (des exigences).
Anglicisme au sens de répondre à, satisfaire.
*rencontrer (un délai, une échéance, des normes).
Anglicisme pour respecter.
*rencontrer (une dépense, des engagements, ses obligations).
Anglicisme au sens de faire face à, régler, s’acquitter de.

*rencontrer (un objectif).
Anglicisme au sens de atteindre(2)
Les mauvaises rencontres

Bien que la plupart des dictionnaires n’en fassent pas mention, il est possible de dire qu’on rencontre des difficultés, des complications, des embûches ou des problèmes. Dans ce contexte, rencontrer est synonyme de se trouver face à, se heurter à, connaître ou éprouver. L’image évoquée est celle de la personne qui trouve une difficulté sur son chemin. En revanche, sous l’influence de l’anglais, on donne parfois au verbe rencontrer des sens qu’il n’a pas. Voici quelques emplois fautifs du verbe rencontrer ainsi que les équivalents les plus courants en français correct :

rencontrer des conditions
satisfaire à ou remplir des conditions

rencontrer des critères
répondre à des critères

rencontrer des exigences
répondre à ou satisfaire à des exigences

rencontrer des frais
faire face à ou supporter des frais

rencontrer des normes
respecter ou satisfaire à des normes

rencontrer la demande
répondre à, suffire à ou satisfaire à la demande

rencontrer une approbation
obtenir ou recevoir une approbation

rencontrer les coûts
couvrir les coûts

rencontrer ses dettes
s’acquitter de ou payer ses dettes

rencontrer un besoin
subvenir à, répondre à ou satisfaire un besoin

rencontrer un délai
respecter un délai

rencontrer un engagement
faire honneur à, tenir ou respecter un engagement


rencontrer un objectif
atteindre ou réaliser un objectif

rencontrer une échéance
respecter une échéance

rencontrer une obligation
respecter ou s’acquitter d’une obligation

rencontrer une opposition
se heurter à une opposition

rencontrer les prévisions
confirmer ou concorder avec les prévisions(3)
Voilà qui, en principe, devrait vous évitez de fâcheuses rencontres.

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Vous pouvez aussi consulter un article sur le même sujet dans la Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française.
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(1) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(2) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(3) BERTRAND, Guy. Le français au micro.

mercredi 4 janvier 2012

Histoire à dormir debout

Alors, au retour des Fêtes, après tous ces partys qui ont tous sûrement fini très tard et qui ont été propices aux abus éthyliques, avez-vous tendance à être fatigué et à dire à vos collègues : «J’m’endooooors…!», en bayant aux corneilles?

S’ENDORMIR
«v. pron. Commencer à dormir. → s’assoupir. ◊ (CHOSES) Perdre de sa vivacité, de sa force. → s’apaiser, s’atténuer, s’engourdir. ◊ CONTR. Éveiller, réveiller.»(1)

«VERBE PRONOMINAL Commencer à dormir. ANT. éveiller; réveiller. FORME FAUTIVE *s’endormir. Impropriété pour avoir sommeil, tomber de fatigue, de sommeil(2)
Le verbe pronominal s’endormir est très français, mais il arrive souvent qu’on l’utilise dans un sens qui n’est pas le sien. S’endormir signifie commencer à dormir. Par exemple, si on dit : je m’endors, on veut dire qu’on est en train de s’assoupir, qu’on est littéralement sur le point de dormir. D’ailleurs, il est assez rare qu’on ait à dire je m’endors puisque lorsqu’on est sur le point de s’endormir, on n’a généralement pas la force de le dire! Par ailleurs, si on veut dire qu’on est fatigué et qu’on ne pense qu’à aller se coucher pour dormir, il ne faut pas dire «je m’endors», mais plutôt j’ai sommeil, je vais me coucher. Si on veut insister davantage, on peut dire : je tombe de sommeil ou je tombe de fatigue. On peut aussi utiliser l’expression imagée je dors debout.(3)
Ainsi, j’ignore si ce billet vous aura le moindrement tenus éveillés ou vous aura complèment endormis. Mais au moins, dans le premier cas, vous serez dorénavant en mesure d’énoncer votre fatigue correctement (et pauvres de vous, il vous en coûtera quelques syllabes en plus!).

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(1) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(2) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(3) [BERTRAND, Guy (2010). 400 capsules linguistiques I. Éditions Michel Brûlé, Montréal, p. 28.]

mercredi 28 décembre 2011

Souhaiter «bonne année» pour le nouvel an

Y a-t-il ou n’y a-t-il pas de nuance de sens entre les mots an et année? Souhaiter la bonne année revient-il au même qu’adresser nos meilleurs vœux du nouvel an?

AN
«An a un caractère plus abstrait, et souvent plus ponctuel que son ‘synonyme’ année. Il s’emploie presque toujours sans qualification, sauf dans des expressions figées : bon an mal an, au gui l’an neuf, etc. On notera que année s’emploie souvent pour insister sur la durée, sur l’écoulement du temps, tandis que an marque plutôt la date, donc à l’occasion l’âge, etc.»(1)

«La différence entre an et année est que le premier mot sous-entend une période ponctuelle qui va d’un point de départ à un point d’arrivée alors que le second mot fait référence à la durée elle-même. Quand on dit ‘‘J’ai vingt-cinq ans’’, on considère le point de départ (la naissance) par rapport au point d’arrivée (la date à laquelle on parle). Quand on dit ‘‘Il a travaillé vingt-cinq années dans cette usine’’, on insiste sur la durée, sans s’occuper ni du point de départ ni du point d’arrivée.»(2)

«Période de 12 mois. NOTE. Par rapport au nom année qui insiste sur la durée, l’écoulement du temps, le nom an marque davantage la date, l’âge. Le nom an tend à être remplacé par année, sauf dans les actes notariés, la poésie où les dates sont composées en lettres.»(3)

Ainsi, il semblerait qu’en souhaitant un bon nouvel an, vous souhaitiez un bon 1er janvier à votre interlocuteur, alors qu’en lui souhaitant la bonne année, vous lui offriez de bons vœux pour toute la durée de l’année à venir. Vraiment? Hmmm, peut-être pas, non : «L’oppositon qui existait entre le sens duratif de année et le sens ponctuel de an s’estompe vers la fin du XIIIe siècle; les deux mots deviennent alors volontiers interchangeables sauf dans certaines expressions comme le nouvel an, l’an mil…»(4) Par contre, la nuance de sens peut encore être valable pour tous les autres usages de an et année, bien que visiblement de moins en moins obligatoire.

Sur ce, je vous souhaiterai un agréable nouvel an ainsi qu’une bonne année 2012. :)

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(1) [COLIN, Jean-Paul (2006). Dictionnaire des difficultés du français. Éditions Le Robert, collection Les usuels, Paris.]
(2) Wiktionnaire
(3) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(4) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]

mercredi 14 décembre 2011

Agenda à partager?

Un soir récent où je n’arrivais pas à dormir, j’ai ouvert la télévision et suis tombée sur La politique provinciale, soit du temps d’antenne fourni gratuitement (il était environ 4h30 am!) aux députés pour qu’ils s’adressent à la population. Ledit député a énoncé ce qui suit : «Mais de la personnalité politique, vous doutez d’emblée. Vous savez qu’elle a un plan, un programme, un agenda, un objectif à vous faire partager.» Pour ma part, ce dont j’ai alors douté d’emblée, c’est de l’utilisation du terme agenda dans ce contexte. J’ai donc été vérifier.

AGENDA
«n. m. 1. Mot latin signifiant ‘‘ce que l’on doit faire’’ utilisé au sens de ‘‘carnet destiné à noter jour par jour ce que l’on doit faire’’. 2. (PAR EXT.) Contenu d’un agenda. SYN. emploi du temps.
FORMES FAUTIVES
*agenda. Anglicisme au sens de ordre du jour.
*agenda. Anglicisme au sens figuré de programme, ligne d’action.»(1)

«n. m. Carnet sur lequel on inscrit jour par jour ce qu’on doit faire, ses rendez-vous, ses dépenses, etc.»(2)
En français, le mot agenda désigne un carnet prédaté où l’on inscrit son emploi du temps (ce carnet peut être électronique). Par extension, au figuré, il désigne parfois l’ensemble de choses à traiter dans une période donnée, et peut être synonyme de emploi du temps, de calendrier.

En anglais, agenda peut désigner également le programme ou l’ordre du jour d’une réunion; dans ce sens, son utilisation en français constitue un anglicisme.

Exemples :
- Pour Noël, j’ai reçu un magnifique agenda de poche.
- J’ai un emploi du temps (ou : un agenda) très chargé ces temps-ci.
- Quel est l’ordre du jour de la réunion? (et non : l’agenda de la réunion)

Par ailleurs, l’expression agenda politique, calquée de l’anglais political agenda, peut désigner les préoccupations politiques, la liste des priorités d’un gouvernement ou la ligne d’action d’un parti.

Quant à l’anglicisme agenda caché (hidden agenda), ou plus rarement agenda secret (secret agenda), il est employé au sens de «programme, intentions non déclarées». On le remplacera par diverses expressions telles que : programme (ou plan, objectif) secret, projets tenus secrets, stratégie secrète, intentions cachées (ou non déclarées, non avouées) ou encore arrière-pensées.

Exemples :
- La lutte contre le chômage est l’une des priorités du gouvernement. (et non : est à l’agenda politique)
- Quelle est la ligne d’action de ce nouveau parti? (et non : l’agenda politique)
- On a accusé le candidat de dissimuler ses véritables intentions. (et non : d’avoir un agenda caché)
- Il s’est défendu d’avoir un objectif caché. (et non : un agenda caché)(3)
Ainsi, dans l’exemple présenté précedemment, on peut affirmer que le terme agenda était inapproprié et aurait dû être remplacé, par exemple, par ligne d’action ou intention.

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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(3) Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française

jeudi 10 novembre 2011

La faute du jeudi – catégories ‘grammaire’ et ‘sémantique’

→ «BUREAU DE PRESTIGE A LOUER …
avec Entrée et Ascenceur Privé» ←

La faute de cette semaine est subtile, mais importante quant au sens.

Pour la simple raison que le mot privé est ici accordé au masculin singulier, cela implique qu’il ne se rapporte qu’à ascenceur (maculin singulier), auquel il lui est accolé. Ainsi, l’annonce revient à dire : «Nous avons un bureau à louer, et ce bureau a un ascenceur privé, mais il a aussi une entrée!» Qui a besoin de spécifier, dans une annonce, qu’un bureau possède une entrée? Imaginez simplement : «Bureau de prestige à louer, avec entrée». Peu probable comme annonce.

Ce qu’on a sûrement plutôt voulu dire, selon toute vraisemblance et à mon avis, c’est que ledit bureau possédait une entrée privée, qui lui est propre. Pour ce faire, il suffisait d’accorder l’adjectif privé à la fois avec entrée et avec ascenceur.

«ACCORD DE L’ADJECTIF QUALFICATIF
L’adjectif qualificatif qui se rapporte à plusieurs noms ou pronoms se met au pluriel et prend le genre des mots qualifiés :
Un livre et un cahier neufs. – Servitude et grandeur militaires.
Si les mots qualifiés sont de genres différents, l’adjectif se met au masculin pluriel :
Une veste et un pantalon neufs(1)

CORRECTION*
BUREAU DE PRESTIGE A LOUER … avec Entrée et Ascenceur Privés

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* Idéalement, on prendrait aussi le temps d’ajouter l’accent grave au A dans A LOUER, puisqu’il s’agit d’une préposition et non du verbe avoir; et on s’assurerait d’enlever les majuscules à Entrée, Ascenceur et Privé, puisque cette utilisation de majuscule à chaque mot est typique de l’anglais et n’a pas lieu en français.

RECORRECTION
BUREAU DE PRESTIGE À LOUER … avec entrée et ascenceur privés
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(1) [GREVISSE, Maurice (1990). Précis de grammaire française, 29e édition. Éditions Ducolot, Paris.]

mercredi 9 novembre 2011

Comment donnez un minimum quand on nous demande un maximum

Je suis récemment tombée, en cherchant d’autres informations langagières, sur une capsule de Guy Bertrand, premier conseiller linguistique à Radio-Canada, qui traitait de l’usage des locutions au minimum et au maximum lorsqu’elles sont utilisées avec un verbe comme réduire ou diminuer. Cela m’a rappelé l’ambiguïté à laquelle j’avais l’impression d’être confrontée lorsque je lisais, dans les textes que je corrige, des phrases telles : Nous devrons prendre soin de réduire au minimum nos dépenses pour l’année qui vient.

Ressentez-vous l’ambiguïté, ici? Pour ma part, je pouvais à la fois voir deux interprétations complètement contradictoires, pourtant tout aussi possible l’une que l’autre. D’abord, le sens «réduire nos dépenses au plus bas niveau possible», mais aussi le sens «réduire le moins possible nos dépenses». Voici l’explication, et surtout le conseil de Guy Bertrand à ce sujet.
Le maire a demandé aux citoyens de réduire au minimum leur consommation d'eau.

Bien qu’elle ne soit pas fautive, la phrase ci-dessus présente une certaine ambiguïté. Les principaux ouvrages linguistiques ne s’entendent pas sur l’emploi des locutions au minimum et au maximum avec le verbe réduire. En fait, si on veut mettre l’accent sur l’action de réduire, il faut utiliser la locution au maximum. Réduire quelque chose au maximum, c’est réduire cette chose le plus possible. En revanche, si on veut mettre l’accent sur le résultat, il est préférable d’employer la locution au minimum. Réduire une chose au minimum, c’est réduire cette chose jusqu’à ce qu’on se retrouve avec le plus petit résultat possible. Et si on veut éviter toute confusion, on utilisera la locution le plus possible. Ici, on aurait pu reformuler la phrase comme suit : Le maire a demandé aux citoyens de réduire le plus possible leur consommation d’eau.(1)
Ainsi, bien qu’en soi, certains affirment que «[l]es deux locutions sont […] correctes lorsqu'il y a une idée de diminution»(2), la solution proposée ci-dessus par Guy Bertrand a l’avantage de lever toute ambiguïté, ce qui n’est pas à négliger.

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(1) BERTRAND, Guy. Le français au micro.
(2) Banque de dépannage de l’Office québécois de la langue française

jeudi 13 octobre 2011

La faute du jeudi – catégorie ‘pléonasme’

→ «Jean en denim, de Levi’s»←

Le pléonasme* du mois!

Un jean en coton, un jean en corduroy, un pantalon de denim : oui, ça peut aller. Jean indiquant la coupe à cinq poches que l’on connaît avec coutures visibles, mais dans un tissu autre que le denim; et denim indiquant le fort textile bleu utilisé pour une coupe autre que le jean, une coupe plus ‘propre’, moins sport par exemple. Mais un jean en denim? Ne trouvez-vous pas que c’est un peu comme dire «un perfecto en cuir»? Est-ce que, par défaut, le perfecto n’est pas nécessairement en cuir, comme le jean, nécessairement en denim (lorsque non spécifié, bien sûr)?

JEAN ou JEANS
«n. m. 1. Pantalon de toile. 2. Toile qui sert à confectionner ce pantalon.»(1)
«n. m. 1. ANGLIC. Pantalon de toile très solide (bleue à l’origine → blue-jean), à coutures apparentes. 2. Toile très serrée et très solide servant à confectionner des vêtements. → denim. 3. Pantalon coupé comme un jean. Un jean de velours, en daim.»(2)

DENIM
«n. m. Tissu épais servant à la fabrication des jeans(1)
«n. m. ANGLIC. Tissu sergé servant à fabriquer les jeans. → jean(2)

PERFECTO
«nom commun masculin 1. Blouson de cuir de cheval, noir, à fermeture éclair, doté de poches facilement accessibles et destinée [sic], au départ, aux besoins des motards.»(3)

Bingo! Ces définitions nous démontrent bien que le sens même de jean comprend, intrinsèquement et par défaut, celui de denim (le Robert donne même les deux termes comme synonymes, lorsqu’il est question du sens de «textile» pour jean).

CORRECTION
Jean, de Levi’s

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* PLÉONASME
«n. m. DIDACT. Terme ou expression qui ne fait qu’ajouter une répétition à ce qui vient d’être énoncé. → redondance, tautologie.»(2)
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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(3) Wiktionnaire

mercredi 21 septembre 2011

Consensus collectif difficile

Aujourd’hui, j’aborderai le sujet épineux de l’accord du verbe qui suit un nom collectif ayant un complément pluriel, accord qui me donne souvent de sérieux mots de tête. «Un nom collectif est un nom singulier qui représente un ensemble d’éléments»(1), c’est-à-dire qu’il «désign[e] sous une forme au singulier un ensemble ou une collection d’êtres ou d’objets [et] a pour complément un substantif au pluriel»(2).

Il semble qu’il y ait une règle de base à appliquer, mais qui n’est pas nécessairement efficace à tous les coups, et qu’on doive plutôt se fier à notre jugement. Les ouvrages de référence nous indiquent ainsi que «[l]e verbe (ou l’adjectif) reste au singulier quand le collectif est précédé de l’article défini ou d’un adjectif démonstratif ou possessif »(3). Le Français au bureau(1) nous énonce la même règle, mais en spécifiant pour sa part que dans pareils cas, «l’accord se fait généralement avec le collectif»(1). Ce généralement est passablement important, comme nous le démontreront les explications qui suivent, puisqu’on avance aussi que «[t]rès souvent le singulier et le pluriel sont possibles : La majorité des députés a ou ont voté la censure.»(2)

Quant à l’accord lorsque le collectif est précédé de un ou une, nos références font plus ou moins consensus. D’un côté on nous dit que «[a]près un collectif précédé de un ou une, l’accord se fait le plus souvent avec le complément»(1), et de l’autre on avance que «l’accord se fait soit avec le collectif (le verbe se met alors au singulier), soit avec le complément (le verbe se met au pluriel), selon que l’un ou l’autre mot frappe ou doit frapper plus l’esprit»(3). On semble ici, encore plus qu’avec l’article défini, avoir le choix.

Ce qui paraît donc important de reternir, c’est que c’est fondamentalement le sens qui appelle l’accord. «Avec l’accord au singulier, on envisage [le collectif] comme un bloc»(2), alors qu’«avec l’accord au pluriel […], on considère la pluralité, l’addition des [individus ou des objets]»(2). Le choix de l’accord pourra donc témoigner «le sens ou l’intention quant à l’état ou à l’action exprimée par le verbe»(1). Si l’on revient à l’exemple utilisé précédemment, La majorité des députés a voté n’aura pas exactement le même sens que La majorité des députés ont voté : les deux phrases sont grammaticalement correctes, toutefois la première met l’accent (et non l’*emphase) sur les députés comme formant une entité, un tout, alors que la deuxième souligne plutôt la pluralité des votes de chacun des députés.

Enfin, certaines expressions appellent toutefois systématiquement soit le singulier, soit le pluriel.
Après la majorité de, la totalité de, le verbe se met généralement au singulier. Après une majorité de, un minorité de, une quantité de, quantité de, l’accord du verbe se fait généralement avec le complément.

Après la majeure partie de ou des, l’accord du verbe se fait avec le complément.

Après les collectif la plupart des, beaucoup de, bien des, une infinité de, trop de, combien de, tant de ou nombre de, l’accord du verbe se fait avec le compléments exprimé ou sous-entendu.

Après d’autres collectifs ou d’autres noms exprimant une quantité (comme dizaine, nombre, pile, tas, etc.) suivis d’un complément, l’accord se fait souvent avec ce complément. Il faut toutefois tenir compte du sens donné aux divers éléments de la phrase. Dans bien des cas, les deux accords sont possibles.

Après un collectif ou une expression exprimant la quantité comme la plupart, un grand nombre, beaucoup, plusieurs, etc., ayant pour complément le pronom nous ou vous, le verbe se met presque toujours à la troisième personne du pluriel. Toutefois, après la plupart d’entre nous, le verbe peut se mettre à la première personne du pluriel pour souligner que la personne qui parle ou écrit s’inclut dans le groupe.(1)
En espérant que, bien que je n’aie pu vous fournir une «recette magique» expliquant de façon non ambiguë dans quelles circonstances l’accord du nom collectif doit être fait soit au singulier, soit au pluriel, que vous ayez toutefois apprécié ces précisions qui devraient vous aider à vous démêler un peu, dorénavant. Sur ce, bons accords!

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(1) [GUILLOTON, Noëlle et Hélène CAJOLET-LAGANIÈRE (2005). Le français au bureau, 6e édition. Les publications du Québec.]
(2) [COLIN, Jean-Paul (2006). Dictionnaire des difficultés du français. Éditions Le Robert, collection Les usuels, Paris.]
(3) [THOMAS, Adolphe V. (2007). Dictionnaire des difficultés de la langue française. Éditions Larousse, Paris.]

mercredi 24 août 2011

Pizza congélée ou pizza surgelée?

Lorsque l’on conserve des aliments au congélateur, doit-on parler d’aliments congelés ou surgelés? Je me suis récemment posé la question, ne connaissant pas la réponse.

CONGELER
«v. tr., pronom.
VERBE TRANSITIF
Soumettre au froid pour conserver (au-dessous du point de congélation). Congeler des framboises pour l’hiver.
VERBE PRONOMINAL
Devenir solide sous l’action du froid, en parlant d’un liquide. L’eau se congèle à 0º.»(1)
«v. tr. 1. Faire passer à l’état solide par l’action du froid. → figer, geler, solidifier. 2. COUR. Soumettre au froid (-18ºC) pour conserver. → frigorifier, surgeler. 3. Désorganiser (les chairs) par un froid excessif. → geler, glacer.CONTR. Décongeler, dégeler, fondre, liquéfier.»(2)

SURGELER
«v. tr. Soumettre à une congélation à très basse température. Cette coopérative agricole surgèle ses denrées périssables.»(1)
«v. tr. Traiter par surgélation (un produit alimentaire). → congeler.»(2)

CONGÉLATION
«n. f. Conservation des aliments par le froid (au-dessous du point de congélation).
NOTE. Ne pas confondre avec les noms suivants :
- réfrigération, conservation par le froid (au-dessus du point de congélation);
- surgélation, congélation à l’aide d’un procédé industriel.»(1)

SURGÉLATION
«n. f. Congélation à l’aide d’un procédé industriel, très rapide et à très basse température.»(1)
«TECHN. Congélation rapide, à très basse température.»(2)

Il semble donc, bien que Le Robert donne les deux mots comme synonymes, que la congélation soit un procédé lent, sous une température moins froide que celle de la surgélation, opération qui consiste en un procédé industriel et rapide.

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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]

jeudi 11 août 2011

La faute du jeudi – catégorie ‘sémantique’

→ «TRANSACTIONS EN DEVISES ÉTRANGÈRES.»←

DEVISE
«n. f. 2. Monnaie étrangère. La livre strerling et l’euro sont des devises.»(1)
«n. f. II. FIN. (AU PLUR.) Moyens de paiement libellés dans une monnaie étrangère. → eurodevise, xénodevise.COUR. Monnaie d’un pays considérée par rapport aux monnaies d’autres pays. → change, parité.»(2)
«Au sens strict, une devise est une unité monétaire acceptée par un pays étranger, tandis que la ‘‘monnaie’’ est celle de son pays.»(3)

CORRECTION
Transaction en devises*.

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* L’expression devises étrangères est fautive en ce sens qu’il s’agit d’un pléonasme, puisque le terme devise inclut intrinsèquement le sens de «monnaie étrangère», alors que si l’on parle plutôt de la monnaie de son propre pays, il suffit d’utiliser le terme monnaie.
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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(3) Wikipedia

mercredi 27 juillet 2011

Reliaisons [sic] dangereuses

«Renseignements personnels. À moins que le participant n’ait autorisé l’administrateur ou toute autre entité reliée au concours à le contacter, les renseignements personnels recueillis sur les participants relativement à ce concours sont utilisés uniquement pour l’administration de ce concours et sont assujettis à la politique de [X] sur la protection de la vie privée à [adresse internet] et aucune communication, commerciale ou autre, non reliée à ce concours, ne sera envoyée au participant par l’administrateur.»(1)

On m’a souvent dit, dans le cadre de mon travail de correctrice, que l’utilisation de relier était fautive, sauf lorsqu’il est question de joindre physiquement deux objets (par exemple : Le pont Jacques-Cartier relie l’île de Montréal à la Rive-Sud). Intriguée par autant d’utilisations qui semblent fautives, j’ai voulu aller vérifier ce qu’en disent les ouvrages de référence.

«Le préfixe re- sert à indiquer le retour à un état antérieur, un changement de direction, un renforcement, la répétition, etc. […] Comme l’usage n’est pas toujours fixé, la consultation d’un dictionnaire s’impose, autant pour vérifier la forme du mot que son sens exact.

En effet, il faut éviter d’employer un verbe composé avec le préfixe re- lorsque le sens ne l’exige pas (par exemple, ne pas employer […] relier au lieu de lier […]).»(2)

RELIER
«v. tr. 1. Assembler, lier. Relier les feuillets d’un livre. 2. Faire communiquer. Un pont qui relie deux rives. SYN. faire raccorder, unir.»(3)
«v. tr. 1. Unir, rendre solidaire au moyen d’une attache. → assembler, attacher, lier. 2. Assembler, attacher ensemble (les feuillets formant un ouvrage) et les couvrir avec une matière rigide (→ reliure). 3. TECH. Assembler (les douves d’un tonneau) au moyen d’un cercle. → cercler; reliage. 4. Mettre en communication avec. → connecter, joindre, raccorder. 5. FIG. Mettre en rapport. Relier des idées, des indices.enchaîner, lier.CONTR. Déconnecter, délier, éparpiller, séparer.»(4)

«On peut parfois confondre les verbes lier et relier qui impliquent tous deux l’idée d’un lien ou d’une union, mais qui ne sont pas toujours synonymes pour autant.

Le verbe lier peut exprimer l’idée de ‘‘mettre ensemble’’, celle de ‘‘maintenir ensemble, attacher’’ ou de ‘‘joindre à l’aide d’une substance qui permet la cohésion d’un mélange’’, notamment en cuisine au sens d’‘‘épaissir (une sauce)’’, ou en parlant de matériaux.

Exemples :
- La fleuriste a lié les fleurs séchées à l’aide d’une ficelle.
- Quand on parle une langue étrangère, lier les mots n’est pas toujours facile.
- J’ai lié ma sauce avec de la farine.
- Les pierres du revêtement de cette maison ont été liées avec du ciment.

Le verbe lier peut aussi exprimer des liens moins matériels ou concrets; il peut s’agir de relations affectives ou sociales entre des personnes, ou encore de liens logiques entre des idées ou des faits.

Exemples :
- Leur voyage en Italie les a liés.
- Ils se sont liés d’amitié avec leurs nouveaux voisins.
- Nous avons lié conversation en attendant l’autobus.
- Une fois de plus, ce détective a lié les indices qui incriminent le suspect.
- Les coûts liés au projet ont dépassé ce qu’on avait prévu.

Qu’il s’agisse de liens concrets ou de liens abstraits, le verbe lier semble établir un lien intrinsèque, naturel, c’est-à-dire mettre ensemble des éléments qui sont de même nature, qui forment un tout ou qui sont semblables sous certains rapports.

On utilise également le verbe lier dans le sens de ‘‘fixer, attacher, enchaîner’’ ou d’‘‘astreindre par un engagement juridique ou moral’’, ou encore de ‘‘maintenir, retenir par un lien de dépendance’’. Dans ces emplois, le lien institué par le verbe lier semble être un ‘‘lien forcé’’.

Exemples :
- Elle était liée à une chaise lorsqu’on l’a retrouvée.
- Les partenaires étaient liés par un contrat d’une durée de dix ans.
- Leurs destins semblaient maintenant liés à jamais.

Formé du verbe lier auquel on a ajouté le préfixe re-, le verbe relier partage avec lier le sens d’‘‘assembler, joindre des éléments’’ et le sens plus abstrait de ‘‘mettre en rapport avec’’. Il signifie également ‘‘établir une communication, faire correspondre’’. Les liens institués par relier semblent extrinsèques, c’est-à-dire établis de l’extérieur, orientés vers un but. Dans les contextes où lier et relier sont possibles, une nuance de sens est sentie.

Exemples :
- Une grosse chaîne relie le voilier au ponton.
- Ces deux artères principales sont reliées par un tunnel.
- L’autoroute Transcanadienne relie un grand nombre de villes du pays.
- Notre jeune écolier apprend à relier (ou lier) les lettres de son nom.
- Ses problèmes d’asthme sont en partie reliés (ou liés) à la pollution atmosphérique.
- On peut relier (ou lier) ces événements aux derniers attentats.

Enfin, le verbe relier a développé des sens indépendants du verbe lier, nettement plus techniques. Il peut ainsi signifier ‘‘assembler les pages d’un livre’’ ou encore ‘‘assembler les douves d’un tonneau à l’aide de cercles’’.

Exemples :
- Ce livre a été relié par les services spécialisés de l’université.
- Son travail consistait à relier des futailles pour les vendanges.

Bien que le préfixe re- exprime notamment l’idée de répétition lorsqu’il est accolé à un mot, le sens ‘‘lier une seconde fois’’ du verbe relier est un emploi vieilli qui n’est plus utilisé aujourd’hui.»(5)

CONCLUSION
Si l’on se fie aux informations fournies par l’Office québécois de la langue française (OQLF) (voir segment souligné ci-dessus), il semble alors que notre exemple du début aurait plutôt dû se lire : toute autre entité liée au concours et aucune communication, commerciale ou autre, non liée à ce concours, puisqu’il est question ici d’un engagement juridique (ou commercial).

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(1) Source : http://sympaticocontests.ca/contests/quebecvegas_fr/rules.aspx [lien désuet]
(2) [GUILLOTON, N. & H. Cajolet-Laganière (2005). Le français au bureau, 6e édition. Les publications du Québec.]
(3) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(4) [Le nouveau Petit Robert, édition 2004. Paris.]
(5) Banque de dépannage linguistique de l’OQLF