mardi 6 septembre 2011

Le mot nouveau du mardi

Lors d’une conversation avec ma mère le 2 juillet dernier, elle parlait de la femme du Prince William, Kate, en disant d’elle qu’elle était une simple roturière.

ROTURIER, IÈRE
«adj. et n. m. et f. Qui n’est pas noble. ANT. aristocrate.»(1)

«DICACT. ou LITTÉR. 1. Qui n’est pas noble, qui est de condition inférieure, dans la société féodale et sous l’Ancien Régime. → plébéien(a). 2. n. Personne qui n’est pas née noble et n’a pas été anoblie. → plébéien; manant(b), serf(c), vilain; bourgeois. ◊ CONTR. Aristocrate, gentilhomme, noble, patricien(d)(2)

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(a) PLÉBÉIEN
«n. et adj. 1. ANTIQ. Romain, Romaine de la plèbe. 2. VEILLI Homme, femme du peuple.»(2)
(b) MANANT
«n. m. 1. Au Moyen Âge, Habitant d’un bourg ou d’un village, et SPÉCIALT Roturier assujetti à la justice seigneuriale. → vilain. 2. PÉJ. et VEILLIpaysan. 3. FIG. et VXrustre. ◊ CONTR. Gentilhomme.»(2)
(c) SERF, SERVE
«n. HIST. Sous la féodalité, Personne qui n’avait pas de liberté personnelle complète, était attachée à une terre, frappée de diverses incapacités et assujetties à certaines obligations et redevances. → servage(2)
(d) PATRICIEN
«n. et adj. 1. HIST. ROM. Personne qui appartenait, de par se naissance, à la classe supérieure des citoyens romains, et jouissait de nombreuses prérogatives. → noble. 2. LITTÉR. Aristocrate, noble. ◊ CONTR. Plébéien, populaire, prolétaire(e), prolétarien.»(2)
(e) PROLÉTAIRE
«n. ANTIQ. Citoyen de la dernière classe du peuple, exempt d’impôt, et ne pouvant être utile à l’État que par sa descendance. 2. MOD. Personne qui ne possède pour vivre que les revenus de son travail (salaire), qui exerce un métier manuel ou mécanique et à un niveau de vie relativement bas dans l’ensemble du groupe social (opposé à capitaliste, bourgeois).»(2)
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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]

lundi 5 septembre 2011

Apparente contradiction (ou ‘bien connaître la signification des panneaux routiers’)


Trouvez pas qu’il y a quelque chose d’un peu incongru, voire contradictoire ici?

Initialement, je croyais qu’il s’agissait d’une erreur. Comment peut-on à la fois respecter le panneau de prescrition qui oblige à aller tout droit ou à tourner à droite, ET respecter celui qui oblige à tourner à gauche si on se tient dans la voie de gauche?

Eh bien la réponse se trouve dans le fait que le panneau jaune orangé n’est qu’un avertissement de la signalisation à venir, pour l’intersection suivante, et ne s’applique pas à l’intersection photographiée. Aaaah!

Il faut croire que je n’ai pas dû être la seule que ça a mêlée à première vue, puisque depuis la photo (prise en mai 2010 à l’intersection des rues Beaver Hall et Viger [on aperçoit la tour de la Bourse en arrière plan], sur Beaver Hall, en direction sud), la signalisation a été modifiée.

samedi 3 septembre 2011

Entendu – no 13

Quand : En mai dernier.
Où : À Tout le monde en parle, les meilleurs moments, à Radio-Canada.
Contexte : Lise Dion parle de son récent livre racontant l’histoire de sa mère adoptive qui a vécu en France pendant la deuxième guerre mondiale.

«Je pense pas que les dirigeantes pensaient que les Canadiennes se feraient arrêter juste parce qu’elles étaient des sujets britanniques, t’sais. C’est ça l’aberrance. C’est qu’elle a perdu six ans de sa vie : cinq ans en camp de concentration, un an à l’hôpital, sans procès, juste parce qu’elle était sujet britannique.»

J’ai cherché aberrance dans le dictionnaire :

ABERRANCE
«n. f. Propriété d’une valeur qui s’écarte considérablement de la moyenne. NOTE. Ne pas confondre avec aberration, déviation du bon sens.»(1)
«SC. Dans un ensemble d’observations, Caractère d’une grandeur qui s’écarte beaucoup de la valeur moyenne.»(2)

Nos artistes ne semblent plus savoir s’exprimer. Une vraie aberrance (sic)!

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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]

vendredi 2 septembre 2011

Temps et température

Je dédie ce billet à une très bonne amie à moi, Annie B., qui avait, à l’époque pas si lointaine de nos études secondaires et collégiales où l’on s’écrivait beaucoup, rédigé un passage où elle s’interrogeait sur la pertinence ou l’utilité de la lettre s à la fin du mot temps. Son questionnement se résumait à peu près à ceci (de mémoire) : «Pourquoi est-ce qu’on met on s à temps? On ne dit pas tempssssss que je sache!? Pas plus qu’on ne dit tempsérature!?» Chère Annie, et chers lecteurs, c’est aujourd’hui que nous éclaicirons ce mystère.

«TEMPS famille du latin tempus, -oris (anciennement tempes, -eris) ‘‘temps’’ et ‘‘saison, époque de l’année’’, d’où latin impérial primum tempus ‘‘printemps’’ – Dérivés anciens formés sur la base tempes- : a) tempestas, -atis, à l’origine ‘‘temps’’, puis classique ‘‘temps qu’il fait’’, ‘‘état de l’atmosphère’’ et plus particulièrement ‘‘mauvais temps’’ b) tempestus et tempestivus ‘‘qui vient à temps’’, ‘‘opportun’’, et l’antonyme intempestivus. – Dérivés récents formés sur la base de tempor- : temporalis ‘‘temporel’’ et ‘‘temporaire’’; latin impérial temporarius et bas latin temporaneus ‘‘id.’’ d’où contemporaneus ‘‘de la même époque’’. On a émis l’hypothèse que tempus se rattacherait à la racine tem- ‘‘couper’’ → TEMPLE et que son sens premier serait ‘‘division du temps’’. Ainsi pourrait s’expliquer le rapport, très clair morphologiquement, de tempus et de temperare ‘‘mélanger’’, ‘‘adoucir’’, en admettant que ce mot présente la même métaphore que le français ‘‘couper le vin’’ (→ TREMPER).

I. MOTS POPULAIRES OU EMPRUNTÉS
   1. temps, longtemps, quatretemps, contretemps;
   2. printemps, printanier;
   3. tempête, tempêter, tempétueux;
   4. tempo.
II. MOTS SAVANTS
   A. BASE -tempor-
      1. temporel, temporalité;
      2. temporiser, temporisateur, temporisation;
      3. contemporain, contemporanéité;
      4. temporaire.
   B. BASE -tempes-
      intempestif.»(1)

«TREMPER famille du latin temperare ‘‘mélanger’’ et ‘‘modérer’’, peut-être fondé sur la racine tem- ‘‘couper’’ → TEMPS et TEMPLE; d’où obtemperare ‘‘se modérer devant quelqu’un’’; temperatura ‘‘composition bien équilibrée’’ et, avec ou sans coeli ‘‘du ciel’’, ‘‘température’’; temperies ‘‘alliage, juste proportion’’ et ‘‘température’’; intemperies ‘‘état déréglé’’ et ‘‘inclémence de l’atmosphère’’.»(1)

Chère Annie, et chers lecteurs, vous constatez donc comme moi que les mots temps et température n’ont pas directement la même racine, le premier provenant de tempus («temps, saison») et le second provenant de temperare («mélanger, modérer»), bien que les deux pourraient avoir comme racine commune tem- («couper»).

Une bien bonne raison de ne pas dire (ou écrire) tempsérature (sic), mais qui ne nous empêcherait sûrement pas non plus d’écrire temp (sic) ou même ten (sic). :)

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(1) [PICOCHE, Jacqueline (2008). Dictionnaire étymologique du français. Dictionnaires Le Robert, Paris.]

jeudi 1 septembre 2011

La faute du jeudi – catégorie ‘orthographe’

→ «Un ajustement de point de vu s’imposera, …» ←

POINT DE VUE
«3. (FIG.) Perspective, aspect sous lequel on envisage une question. Le point de vue économique. SYN. angle; optique.»(1)
«2. (ABSTRAIT) Manière particulière dont une question peut être considérée. → aspect, côté, optique, perspective. 3.Opinion particulière.»(2)

CORRECTION
Un ajustement de point de vue s’imposera, …

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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]