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mercredi 30 mai 2012

Quand on veut des résultats

À votre avis, quelle sera l’issue du conflit qui oppose les étudiants au gouvernement Charest? En quoi résulteront leur manifestations?
Le verbe résulter se construit avec de et signifie «s’ensuivre» , «être le résultat de», «découler de».

Exemples :
- Des chutes de neige pourraient résulter de l’avancée de ce front froid.
- Il résulte de ce conflit une baisse notable du volume des ventes.
- La forêt boréale étant un écosystème fragile, il en résulte que nous devons la protéger.

Sous l’influence de l’anglais to result in, on emploie à tort la tournure résulter en pour signifier non pas «être le résultat de» mais au contraire «être la cause de», à la place de mener à, aboutir à, se solder par, se terminer par, entraîner, occasionner. On s’inspirera des exemples qui suivent pour corriger cet anglicisme.

Exemples fautifs :
- Une maladie bénigne peut résulter en une catastrophe humanitaire quand elle touche des populations sous-alimentées.
- Ce conflit pourrait résulter en une guerre civile dévastatrice.
- Le mauvais temps a résulté en de nombreux accidents routiers.
- Une rupture de stock a résulté en une perte de clientèle.

On écrira plutôt, par exemple :
- Une maladie bénigne peut entraîner une catastrophe humanitaire quand elle touche des populations sous-alimentées.
- Ce conflit pourrait dégénérer en une guerre civile dévastatrice.
- Le mauvais temps a provoqué de nombreux accidents routiers.
- Une rupture de stock a occasionné une perte de clientèle.(1)
Notons que le verbe résulter ne s’emploie pas à toutes les formes ni à toutes les personnes.
v. intr., impers.
Être la conséquence, découler de.
NOTE Ce verbe se conjugue avec l’auxiliaire avoir pour marquer l’action; avec l’auxiliaire être, pour marquer l’état. Le verbe ne s’emploie qu’à l’infinitif, à la troisième personne des autres temps et aux temps composés.
FORME FAUTIVE *résulter en. Calque de «to result in» pour provoquer, causer, entraîner, occasionner.»(2)
Reposons-nous maintenant notre question initiale, mais correctement, soit : Qu’entraîneront leur manifestations?, ou Que provoqueront leurs manifestations? Toutefois, peu importe la façon de poser la question, il semble que la réponse ne soit pas encore trouvée…

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(1) Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française
(2) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]

mercredi 23 mai 2012

Qu’ordonne-t-on aux manifestants?

En ces temps de manifestations, doit-on dire que les policiers ont enjoint les manifestants à se disperser, ou qu’ils ont enjoint aux manifestants de se disperser?

ENJOINDRE

Sans équivoque :
On dit correctement enjoindre à qqn de faire qqch. et non ºenjoindre qqn de.(1)

Ce verbe, synonyme de ordonner, prescrire, etc. se construit de la même manière. On dira donc : Il leur a enjoint de… et non pas *Il les a enjoint de…, comme on l’entend souvent dans les médias.(2)
Avec observation :
Le verbe enjoindre qui signifie «ordonner, prescrire formellement» est un verbe transitif indirect, c’est-à-dire qu’il se construit avec un complément d’objet introduit par une préposition (enjoindre à quelqu’un de faire quelque chose). La construction directe (enjoindre quelqu’un de faire quelque chose) n’est pas acceptée par les grammairiens et lexicographes, bien qu’on l’observe dans l’usage.(3)
Avec nuance :
v. tr. (LITT.) Recommander avec insistance. On enjoint à quelqu’un de faire quelque chose. […] SYN. ordonner; prescrire.
NOTE SYNTAXIQUE
Dans la langue soutenue, le verbe se construit avec la préposition à. Cette construction est recommandée par les auteurs de dictionnaires de difficultés Hanse, Péchoir et Colin. […] On note toutefois que la construction transitive directe (sans la préposition à) concurrence de plus en plus la construction indirecte.(4)
Voilà qui est maintenant plus clair. Officiellement, il faut utiliser la préposition à, et donc, dire par exemple : On leur a enjoint de… et non On les a enjoint de…, puisque le pronom change ici de forme selon qu’il est complément d’objet direct ou indirect.

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(1) [GREVISSE, Maurice et André GOOSSE (2011). Le bon usage, 15e édition. Éditions De Boeck Université, Paris, p. 344.]
(2) [COLIN, Jean-Paul (2006). Dictionnaire des difficultés du français. Éditions Le Robert, collection Les usuels, Paris.]
(3) Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française
(4) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
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Autre source à consulter :
BERTRAND, Guy. Le français au micro.

mercredi 18 avril 2012

Hors français?

Avec les récents galas qui ont eu à la télé, on a pu entendre à quelques reprises l’expression Gala hors d’ondes, pour désigner le gala non télévisé où l’on remet certains prix, gala qui a généralement lieu en après-midi, devant la presse et un public réduit (par rapport au gala de soir, évidemment plus «glamour»).
Aux deux prix (album adulte alternatif pour Metals et DVD de l’année) glanés au gala hors d’ondes de samedi soir, Feist a ajouté celui prestigieux d’artiste de l’année lors de la soirée télévisée, dimanche soir, en direct de la Place Banque Scotia, à Ottawa.(1)

Gala hors d’ondes des Juno – Marc André Hamelin et Malajube récompensés(2)
De plus, une nouvelle télésérie Web a fait son apparition. Son titre? Hors d’ondes, bien sûr.

Mais que disent nos amis linguistes de cette expression?
Les locutions ou les mots formés avec hors prennent-ils ou non un trait d’union? Pour les écrire correctement, il faut se demander si hors forme un nom composé ou s’il fait partie d’une locution adjectivale ou adverbiale.

Les mots formés avec hors prennent un trait d’union s’ils sont des noms. Ils sont alors habituellement précédés d’un article et ils demeurent invariables.

Les noms composés les plus courants formés avec hors sont : hors-bord, hors-concours, hors-d’œuvre, hors-jeu, hors-texte, hors-la-loi, hors-ligne.
[…]
Hors (ou hors de) apparaît aussi dans des expressions figées où il a un sens général d’exclusion. Ces expressions sont des locutions adjectivales ou adverbiales. Dans ce cas, il n’y a pas de trait d’union.

Les expressions les plus courantes formées avec hors sont : hors série, hors texte, hors la loi, hors champ (en radio), hors cadre, hors jeu, hors commerce, hors concours.
[…]
Les expressions les plus courantes formées avec hors de sont : hors de doute, hors de cause, hors de combat, hors de question, hors d’usage (mais hors service), hors d’atteinte, hors de sens, hors de prix, hors d’âge, hors d’affaire, hors de danger.
[…]
Il faut noter qu’un mot formé avec hors peut être à la fois un nom (dans ce cas, il y a un trait d’union) ou une locution (sans trait d’union), selon le sens de la phrase.(3)
Jusqu’ici, difficile de savoir si notre expression est fautive ou non.
Hors d’ondes ou hors antenne?

La locution hors d’ondes est mal construite. En effet, les locutions adverbiales ou adjectivales formées avec hors ne nécessitent pas l’utilisation de la préposition de (ni du trait d’union) : hors champ, hors concours, hors saison, hors catégorie, etc. En outre, c’est la locution hors antenne qu’il convient d’utiliser pour parler des activités qui se déroulent pendant que le micro est fermé ou que les caméras ne tournent pas. Donc, au lieu de dire que les prix ont été remis hors d’ondes, par exemple, il est plus correct de dire que les prix ont été remis hors antenne. Dans certains cas, on peut contourner le problème et dire que les prix ont été remis avant l’émission.(4)
Voilà ici qui est plus clair. Il faudrait donc penser changer l’appellation de ces galas d’après-midi, ainsi que celui de la websérie! Idéalement, bien entendu…

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(1) TVA nouvelles
(2) Le Devoir.com
(3) Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française
(4) BERTRAND, Guy. Le français au micro.

jeudi 9 février 2012

La faute du jeudi – catégories ‘sémantique’ et ‘syntaxe’

→ «Cette offre ne peut être jumelée avec aucune autre offre, …» ←

JUMELER
«v. tr. 1. Réunir et favoriser les échanges entre deux groupes, deux ensembles. […] »(1)

«[…] 2. COUR. Ajuster ensemble (deux objets, deux choses semblables).»(2)

«v. t. 1. Ajuster côte à côte deux objets semblables et disposés de la même façon; accoupler. […]»(3)


AVEC
«prép.
I. 1. (Marque le rapport : présence physique simultanée; accord moral, entre une personne et qqn ou qqch.) En compagnie de (qqn, un animal). 2. (Marque des relations quelconques entre personnes.) 3. (Opposition) 4. (En tête de phrase) En ce qui concerne (qqn).
II. (Marque la simultanéité) 1. En même temps que. 2. (Addition, adjonction) 3. (Présence simultanée d’éléments qui contrastent) 4. (En tête de phrase) Étant donné la présence, l’action de. 5. (Marquant l’accompagnement) Qui comporte.
III. (Marque le moyen, la manière) 1. À l’aide de, grâce à, au moyen de. 2. (Manière) ♦ CONTR. sans.»(2)

«prép. 1. Indique un rapport de relation (accompagnement, appartenance, accord, association). 2. Indique la manière. 3. Indique le moyen, l’instrument. 4. Indique la cause. 5. Indique la simultanéité.»(3)


EXPLICATION
La faute d’aujourd’hui réside donc dans une fine nuance sémantique, qui cause ici une redondance. Le sens même du verbe jumeler inclut déjà l’idée de «ensemble», «réuni», sens qui est aussi contenu dans la préposition avec. Il est donc inutile de rajouter cette préposition à ce verbe et préférable de changer la préposition pour à (on jumelle (qqn, qqch) à (qqn, qqch)). Autrement, on pourrait également conserver la préposition mais changer le verbe en en utilisant un qui ne contient pas l’idée de «mise en relation».


CORRECTION
Cette offre ne peut être jumelée à aucune autre offre, …
ou
Cette offre ne peut être utilisée avec aucune autre offre, …

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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(3) [Le petit Larousse illustré 2012, édition limitée, éditions Larousse, Paris.]

mercredi 12 octobre 2011

Face à face linguistique

À force de constamment me préoccuper de la qualité de la langue et de soupçonner les formulations fautives, j’en viens parfois à douter de certaines formules correctes. Toutefois, cet état quasi-constant de doute en est un fort utile qui me permet de demeurer alerte et de régulièrement vérifier mes connaissances linguistiques, en confirmant ou infirmant ces doutes. C’est ce que j’ai récemment fait avec la locution face à, que je soupçonnais, sans en être certaine, d’être fautive dans certains contextes.

FACE À
«loc. prép. Devant, vis-à-vis de. Une maison face à la mer.
NOTE. On abuse actuellement de cette locution. Dans de nombreux emplois, on lui préférera les locutions suivantes, selon le contexte : par rapport à, pour, quant à, relativement à, sur, vis-à-vis de. Les avis sont partagés relativement (et non *face) à cette question. Devant (et non *face à) ce problème, nous devons réagir.»(1)
À l’origine, face à signifiait «le visage tourné vers». Aujourd’hui, cette locution prépositive signifie «en faisant face à, vis-à-vis de, en face de», et la notion de visage est tantôt présente, tantôt complètement disparue. Employée avec des noms désignant des lieux, face à exprime essentiellement une vision d’orientation horizontale.
[…]
D’abord limité aux noms concrets, l’emploi de face à s’est ensuite étendu aux noms abstraits. Il y a alors eu, comme cela s’est produit pour d’autres prépositions, une extension du sens de cette locution. Dans ces cas, de plus en plus fréquents, face à devient synonyme d’expressions telles que : en présence de, en opposition à, contre. On remarque que l’emploi de face à devant des noms abstraits apparaît habituellement dans des contextes où l’idée d’affrontement ou de difficulté est présente.
[…]
Par ailleurs, il faut prendre garde de ne pas utiliser face à de façon abusive à la place de n’importe quelle locution prépositive : face à n’est pas nécessairement synonyme de quant à, par rapport à, relativement à, au sujet de, en ce qui concerne, pour ce qui est de, sur, pour, envers.(2)
Comme on le constate, la locution face à n’est pas systématiquement fautive, en autant qu’on l’utilise, avec des noms abstraits, lorsqu’il y a idée d’affrontement ou de difficulté. Le meilleur truc serait sûrement d’essayer les autres locutions proposées et d’en adopter une, lorsque le sens de ce qu’on veut communiquer est respecté.

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NB : N’hésitez pas à consulter le site de la Banque de dépannage linguistique(2) pour y trouver des exemples.
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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) Banque de dépannage de l’Office québécois de la langue française

jeudi 6 octobre 2011

La faute du jeudi – catégorie ‘syntaxe’

→ «Faites votre déclaration d’IMPÔT
par des professionnels» ←

La phrase de cette semaine sera un peu plus complexe à expliquer, bien que les gens de langue maternelle française ressentiront tout de suite la caractère erroné de la phrase.

La forme faites est l’impératif présent du verbe faire. Ainsi, lorsqu’on utilise cette forme, c’est d’ordinaire pour ordonner ou suggérer à quelqu’un de «faire quelque chose». Ici, on pourrait très bien dire : Faites votre déclaration d’impôt.

Le problème se pose avec l’ajout de la préposition par, qui introduit un complément d’agent qui n’a visiblement aucun verbe passif auquel s’accrocher (c.-à-d. aucun verbe duquel il puisse être le sujet), puisque le seul verbe de la phrase est faites, à la voix active, qui a déjà pour sujet «vous» (sous-entendu, puisqu’à la 2e personne du pluriel), alors que le complément de par est ici explicite et à la 3e personne du pluriel (des professionnels). On se retrouve donc ici avec deux sujets pour un seul verbe, d’où l’agrammaticalité de la phrase.
Le complément d’agent, que l’on rencontre dans les constructions à la voix passive, peut être introduit par les prépositions par et de. C’est toutefois la préposition par qui est de loin la plus fréquente.

Le complément se construit avec la préposition par quand il s’agit, entre autres, d’un verbe exprimant clairement une action; l’accent est alors mis sur l’action même exprimée par le verbe.

Exemples :
- Les malfaiteurs ont été identifiés par de nombreux témoins.
- Les analyses seront menées par des spécialistes.
- Sa maison a été décorée par un des meilleurs décorateurs.
- Le groupe de manifestants était entouré par les policiers.(1)
Il faut ainsi ajouter un verbe, à la voix passive, duquel des professionnels pourra être la sujet.

CORRECTION
Faites faire votre déclaration d’IMPÔT par des professionnels*

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* De la même façon, on aurait pu dire, à l’indicatif présent : Vous faites faire votre déclaration d’impôt par des professionnels. L’impératif n’y change rien.
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(1) Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française

mercredi 3 août 2011

Mettre l’emphase sur le fait qu’il faille plutôt insister ou mettre l’accent

«Il faut mettre l’emphase sur la réduction des gaz à effet de serre.» Non seulement avez-vous déjà sûrement entendu cette expression de la bouche d’un politicien lors de campagnes électorales, mais peut-être l’utilisez-vous? Bien que passée dans l’usage et fréquemment entendue, mettre l’emphase sur est une expression fautive.

EMPHASE
«n. f. 1. VX Énergir, force expressive. 2. MOD. PÉJ. Emploi abusif ou déplacé du style élevé, du ton déclamatoire. → déclamation, enflure, gradiloquence. ◊ PAR EXT. Exagération dans la manifestation des sentiments. ◊ CONTR. Naturel, simplicité. Discrétion.»(1)

«n. f. Exagération prétentieuse.
FORME FAUTIVE
*mettre l’emphase sur. Anglicisme au sens de mettre l’accent sur, mettre l’insistance sur, insister sur, faire ressortir. Il faut mettre l’accent (et non l’*emphase) sur l’originalité de ce programme.»(2)

«En français, le mot emphase signifie ‘‘manière exagérée de parler ou d’écrire’’; il peut s’appliquer au style ou au ton d’une personne.

Exemple :
- Il n’avait pas l’habitude de s’exprimer avec autant d’emphase.

L’expression mettre l’emphase sur est une structure calquée sur les expressions anglaises to lay emphasis on et to put emphasis on, qui signifient ‘‘mettre l’accent sur’’, ‘‘insister sur’’.

Exemples fautifs :
- Le metteur en scène mettra l’emphase sur la naïveté des personnages.
- Le ministre a mis l’emphase sur les réductions d’impôt que ce programme entraînera.
- Le professeur met l’emphase sur les diverses causes du phénomène à l’étude.
- L’animateur de l’activité a mis l’emphase sur le courage des participants.

Pour éviter cet anglicisme, on peut utiliser en français des expressions comme mettre l’accent sur, insister sur, mettre en relief, souligner, faire ressortir, attirer l’attention sur, mettre en évidence, etc.

Exemples corrigés :
- Le metteur en scène mettra l’accent sur la naïveté des personnages.
- Le ministre a insisté sur les réductions d’impôt que ce programme entraînera.
- Le professeur met en évidence les diverses causes du phénomène à l’étude.
- L’animateur de l’activité a souligné le courage des participants.»(3)

«On devrait mettre un peu plus l’emphase sur…

Mettre l’emphase sur
est un calque de la locution anglaise to put the emphasis on. En français moderne, dans son acception la plus courante, le mot emphase est synonyme de grandiloquence et d’affectation. Par exemple, une personne qui parle avec emphase s’exprime avec une prétention un peu ridicule. On peut remplacer l’anglicisme par mettre l'accent sur ou insister sur.»(4)

Ainsi, si vous avez bien assimilé la leçon, vous pourrez sûrement en profiter pour la partager, à haute voix et avec grande emphase, avec votre public avide de connaissances, en insistant sur le caractère fautif de l’expression et en mettant l’accent sur les expressions correctes à utiliser.

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(1) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(2) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(3) Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française
(4) BERTRAND, Guy. Le français au micro.

mercredi 16 février 2011

Avoir du style? Oui, mais lorsqu'il en faut...

J’ai aperçu cette affiche il y a quelque temps, dans le train de banlieue, et bien qu’elle ne présente en soi aucune faute explicite, j’y ai décelé un procédé syntaxique qui m’agace profondément.



ZEUGME (ou zeugma)
«n. m. Procédé de style, construction qui consiste à lier des mots ou des groupes de mots de façon qu’il soit inutile de répéter un mot ou un groupe de mots déjà exprimés dans une proposition voisine.
NOTE SYNTAXIQUE
Attention aux zeugmes fautifs comportant des compléments qui ne se construisent pas avec la même préposition. *Il est allé et revenu de Québec en quatre heures pour Il est allé à Québec et en est revenu en quatre heures.»(1)

«RHÉT. Construction qui consiste à ne pas énoncer de nouveau, quand l’esprit peut les rétablir aisément, un mot ou un groupe de mots déjà exprimés dans une proposition immédiatement voisine (ex. «L’air était plein d’encens et les prés de verdure» [Hugo]).»(2)

«Construction qui consiste à joindre à un même mot des compléments incompatibles sur le plan syntaxique ou sémantique.

Notes :
Il existe deux types de zeugmes en rhétorique. Le zeugme sémantique, aussi appelé attelage, consiste à rattacher à un mot (le plus souvent un nom) deux compléments disparates quant à leur sens, l'un étant un terme concret et l'autre un terme abstrait. Par exemple, Les marchands de boisson et d'amour (Guy de Maupassant).

Le zeugme syntaxique, ou zeugme de construction, unit à un mot (généralement un verbe) deux compléments qui se construisent de façon différente. Par exemple, Il croyait à son étoile et qu'un certain bonheur lui était dû (André Gide).

Le zeugme peut être utilisé dans la langue littéraire à des fins stylistiques. Toutefois, dans la langue générale, certains zeugmes sont considérés comme fautifs.»(3)

On précise bien, dans chacune des explications ci-dessus, qu’il s’agit d’un procédé de style, de rhétorique. Ainsi, bien que le zeugme soit souhaitable et souvent productif en littérature, on ne le désire pas dans des textes formels, comme la pub dont il est question ici : «études professionnelles et de gestion». Dans l’absolu, on aurait trois possibilités de correction : 1) études professionnelles et gestionnelles [gestionnelles est toutefois peu ou pas usité dans ce sens]; 2) études de profession et de gestion [encore ici, on modifie le sens initial en utilisant l’expression études de profession]; et 3) études professionnelles et études de gestion [qui pour sa part, rend bien le sens initial]. La troisième formulation serait donc, à mon avis, la forme correcte à adopter pour ‘corriger’ la formulation initiale.

Maintenant que vous en connaissez le nom exact, prenez garde aux zeugmes lorsque vous écrirez! Sauf, bien sûr, si vous voulez délibérément ajouter des effets stylistiques à votre texte.

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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [Le nouveau Petit Robert, édition 2004. Paris.]
(3) Site de l’Office québécois de la langue française

jeudi 27 janvier 2011

La faute du jeudi – catégorie ‘syntaxe’

→ «Etc… Etc…» ←

ETC.
«Abréviation de et cætera.
NOTE. L’abréviation vient à la suite d’au moins deux éléments cités; elle doit toujours être précédée d’une virgule et ne peut être suivie de points de suspension. On met une virgule après l’abréviation si elle ne termine pas une parenthèse ou une phrase.»(1)

«Dans un texte écrit, l'abréviation etc. est toujours précédée d’une virgule et ne comporte qu’un seul point abréviatif. Les points de suspension (...) sont redondants puisqu'ils jouent le même rôle que l'abréviation etc.»(2)

ET CÆTERA
«LOCUTION ADVERBIALE
Expression latine signifiant ‘‘et autres choses semblables’’. Et le reste.»(1)

CORRECTION
Photocomposition
Reliure
Formules d’affaires pour ordinateur
Etc.*

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* Non seulement les points de suspension après etc. sont-ils redondants puisqu’ils ont la même signification que l’abréviation, mais répéter cette dernière devient doublement (quadruplement, avec les points de suspension!) redondant. Enfin, etc. devrait logiquement, à mon avis, terminer la liste.
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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) Le français au micro

mercredi 19 janvier 2011

De l’on en large

Que l’on se pose la question ensemble : à quoi sert cet étrange l’ dans la tournure que l’on? Il semble visiblement n’avoir aucun contenu sémantique, aucun référent. A-t-il alors une fonction grammaticale et si oui, quelle est-elle? Pourquoi écrire que l’on plutôt que qu’on?

Je me souviens avoir eu un prof de philo, au cégep, qui nous avait dit que ce l’ était archaïque, vieilli, qu’on (ou ‘que l’on’!) ne l’utilisait plus aujourd’hui.

Essayons d’éclaircir tout ça.

«Comme on était originairement un nom, il a gardé la faculté de prendre l’article l’ lorsque l’euphonie* le demande, principalement après et, ou, où, que, si et parfois après lorsque (cet l’ est regardé aujourd’hui comme simple consonne euphonique) :
Il faut que l’on consente. (Acad.)
Guenille, si l’on veut, ma guenille m’est chère. (Molière.)»(1)

Grevisse nous indique donc que ce l’ est principalement euphonique. Bien que ça soit vrai aujourd’hui, l’Office québécois de la langue française (OQLF) apporte une nuance importante dans son explication :

«Le l' qui accompagne parfois le pronom on est avant tout historique et non euphonique. On vient du nom latin homo «homme». Étant à l'origine un nom, on l'employait avec l'article défini l' (forme élidée de le). L'on avait déjà un sens indéfini et signifiait «l'homme en général, les hommes». Courante jusqu'au XVIIe siècle, cette forme est maintenant propre à la langue écrite, littéraire ou soutenue. L'emploi de l'on n'est jamais obligatoire, mais il convient dans les contextes où une langue soignée est de mise.

Dans la langue courante, l'on a été remplacé par on, sauf dans certains emplois pour des raisons d'euphonie. Ainsi, après les mots et, ou, où, qui, quoi et si, on préférera l'on à on pour éviter l'hiatus, c'est-à-dire la rencontre de deux voyelles; on dira par exemple : on choisit qui l'on veut plutôt que on choisit qui on veut. L'on est également préférable à on devant un verbe qui commence par con- ou com-; on dira ainsi : il faut que l'on concocte autre chose plutôt que il faut qu'on concocte autre chose.

Au contraire, encore pour des raisons d'euphonie, on évitera l'on après dont et dans un enchaînement de mots commençant par l. On écrirait ainsi : Les gens dont on ignore le nom plutôt que les gens dont l'on ignore le nom; si on le louait plutôt que si l'on le louait.»(2)

Par contre : «L’on en tête de phrase est une tournure vieillie.»(3)

Voilà qui est plus clair maintenant. Qu’on se le tienne pour dit!

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* Euphonie : «Ensemble de sons harmonieux.»(4) «LING. Harmonie des sons qui se succèdent dans le mot ou la phrase.»(5)
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(1) [GREVISSE, M. (1990). Précis de grammaire française, 29e édition. Éditions Ducolot, Paris.]
(2) Banque de dépannage linguistique de l’OQLF
(3)
[GUILLOTON, N. & H. Cajolet-Laganière (2005). Le français au bureau, 6e édition. Les publications du Québec.]
(4) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(5) [Le nouveau Petit Robert, édition 1993. Paris.]

mercredi 15 décembre 2010

Avez-vous une bonne mémoire?

Connaissez-vous bien les différentes utilisations des verbes se rappeler et se souvenir, qui semblent pourtant pratiquement identiques quant à leur sens et leur forme?


SE RAPPELER
«Se souvenir de. Elle se rappelle ce moment (et non *de ce moment), mais ne se rappelle pas son nom. Les mots qu’elles s’est rappelés sont «monts et merveilles».
NOTE SYNTAXIQUE. La complément de ce verbe se construit sans la préposition de, contrairement au verbe se souvenir. Je me rappelle ses yeux (et non *de ses yeux) magnifiques. Je me le rappelle (et non je m’*en rappelle). Cependant, le verbe se construit avec la préposition de s’il est suivi d’un pronom personnel ou d’un infinitif. Te rappelles-tu de nous? Je me suis rappelé de lui téléphoner.
NOTE SYNTAXIQUE. Suivi de la conjonction que, le verbe se construit avec l’indicatif. Nous nous sommes rappelé que la rentrée avait lieu le 5 septembre.
NOTE GRAMMATICALE. Attention à l’accord du participe passé qui ne se fait que si le complément direct précède le verbe. Les paroles que nous nous sommes rappelées. Il ne s’accorde pas si le complément direct suit le verbe. Il se sont rappelé que le train partait à 13h.»(1)

SE SOUVENIR
«1. Se rappeler. La devise du Québec est Je me souviens. Souviens-t’en (et non *souviens-toi-z-en), souvenons-nous-en, souvenez-vous-en.
NOTE SYNTAXIQUE. Contrairement au verbe se rappeler, qui se construit sans préposition, le verbe se souvenir se construit avec de. Ils se sont souvenus de leur promesse.
2. Garder présent à la mémoire. Je me souviens qu’il était là. Je ne me souviens pas qu’il soit venu. Elles se sont souvenues de cette rencontre. SYN. (LITT.) se remémorer.
NOTE SYNTAXIQUE. Suivi de la conjonction que, le verbe se construit avec l’indicatif dans une phrase affirmative, avec le subjonctif dans une phrase négative.
NOTE GRAMMATICALE. Le participe passé de ce verbe qui n’existe qu’à la forme pronominale s’accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet du verbe.»(1)


RÉCAPITULATION

Sens
Se rappeler renvoie à se souvenir et vice versa. On peut donc logiquement croire que les deux ont bel et bien le même sens.

Syntaxe
Par contre, la ‘façon’ d’utiliser l’un et l’autre dans une phrase diffère légèrement. Se souvenir requiert la préposition de, alors que se rappeler s’utilise sans, sauf dans les constructions où il est suivi d’un pronom personnel ou d’un verbe infinitif. À noter qu’on dira ainsi «les choses dont je dois me souvenir» par opposition à «les choses que je dois me rappeler» (par conséquence de l’utilisation ou non de la préposition de).

Quant à l’utilisation de ces verbes suivis de que, se souvenir appelle un verbe indicatif dans une phrase affirmative et appelle un verbe subjonctif dans une phrase négative, alors que se rappeler requiert toujours la forme indicative du verbe.

Accord
Enfin, le participe passé de se souvenir s’accorde toujours en genre et en nombre avec son sujet, puisque ce verbe n’existe qu’à la forme pronominale (pour vous en souvenir, retournez jeter un coup d’œil à mon billet sur l’accord des participes passés), alors que le participe passé de se rappeler ne s’accorde que si son complément direct précède le verbe.


Allez-vous réussir à vous souvenir de tout ça maintenant? Il est vrai que ça fait beaucoup de choses à se rappeler, toutefois.

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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]

mercredi 8 décembre 2010

Pour partir du bon pied

Certaines fautes sont tellement anodines et tellement «passées dans l’usage» que les plus érudits d’entre nous ne les suspecteraient même pas. Si je vous disais (comme je l’ai récemment entendu à la télé) : «Pour débuter la soirée, je vous présenterai nos participants.», détecteriez-vous la faute? Moi je ne la décelais pas. C’est le commentaire anodin d’un collègue qui m’a fait aller consulter mes dictionnaires.

DÉBUTER
«v. intr.
1. Faire se débuts dans une profession. Elle a débuté comme architecte dans un petit bureau.
2. Commencer. Le film débute par une scène très amusante. Le cours débute à 13h.
NOTE SYNTAXIQUE. Le verbe débuter est intransitif (il n’a pas de complément). Les élèvent commenceront (et non *débuteront) leur nouvelle année scolaire le 3 septembre. Dans une phrase comportant un complément direct, on pourra employer les verbes amorcer, commencer, engager, entamer, entreprendre…»(1)

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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]

mercredi 24 novembre 2010

Entre les deux, mon cœur balance…

Cette semaine, je m’intéresse à un «fléau» répandu, celui de l’utilisation du et/ou, directement venu de la syntaxe de l’anglais.

Comme le sujet a déjà été bien couvert, je vous renverrai vers deux références. À vous de voir si vous voulez lire la première, la deuxième, ou les deux.

D’abord, ce qu’en dit Le français au bureau(1) :

«La tournure et/ou, qui indique à la fois une addition et un choix, peut être ambiguë, et il est préférable de l’éviter, bien qu’elle soit parfois utilisée par commodité dans certains textes techniques. Dans la majorité des cas, la conjonction ou employée seule suffit à exprimer la possibilité de choix ou d’addition; c’est d’ailleurs le sens de ou en logique et en mathématiques.

Il y a sûrement des ajouts ou des corrections à apporter à ce texte. (Il peut y avoir et des ajouts et des corrections.)

Toutefois, si on veut éviter toute ambiguïté, on peut avoir recours à une formule plus explicite.

Les congressistes peuvent se réunir dans la salle A ou dans la salle B, ou dans les deux.
Invitez la présidente et la vice-présidente, ou l’une des deux.
»(1)

Ensuite, ce qu’en dit l’Office québécois de la langue française (OQLF) dans sa banque de dépannage linguistique(2).

Avez-vous besoin de plus d’explications OU d’autres exemples (sous-entendu ‘ou les deux’)?

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(1) [GUILLOTON, N. & H. Cajolet-Laganière (2005). Le français au bureau, 6e édition. Les publications du Québec.]
(2) Banque de dépannage linguistique de l’OQLF

mercredi 29 septembre 2010

Maîtrisez-vous votre ponctuation?

Vous êtes-vous déjà demandé quel était l’usage correct du point-virgule en français? Dans quel type de phrase on peut l’utiliser? Pour quelle raison l’emploiera-t-on plutôt que la virgule ou le point?

Pour ma part, son usage a toujours été passablement nébuleux, d’autant plus que j’ai un vague souvenir de m’être fait dire, par un professeur d’anglais au cégep, que le point-virgule n’avait pratiquement aucun usage en français (en comparaison de son usage en anglais), et qu’il vallait généralement mieux utiliser la virgule ou le point.

Allons voir ce qu’en disent nos grammaires et autres références.


GREVISSE
«Le point-virgule marque une pause de moyenne durée. Il s’emploie pour séparer, dans une phrase, les parties dont une au moins est déjà subdivisée par la virgule, ou encore pour séparer des propositions de même nature qui ont une certaines étendue.

L’objet de la guerre, c’est la victoire; celui de la victoire, la conquête; celui de la conquête, la conservation. (Montesquieu)
Un bon plaisant est une pièce rare; à un homme qui est né tel, il est encore fort délicat d’en soutenir longtemps le personnage; il n’est pas ordinaire que celui qui fait rire se fasse estimer. (La Bruyère)»(1)


PORTAIL LINGUISTIQUE DU CANADA
«Fonctions du point-virgule

1) Séparer des propositions

Le point-virgule sert à séparer des propositions d'une certaine longueur, unies par le sens et souvent déjà coupées par des virgules. Il rend la phrase plus claire et plus facile à lire. On peut trouver plusieurs points-virgules dans une même phrase.

2) Opposer des propositions
Le point-virgule sert aussi à opposer des propositions ayant une structure semblable.

3) Séparer les éléments d'une énumération
On emploie généralement le point-virgule pour séparer les éléments :
a) dans une énumération horizontale;
b) dans une énumération verticale.»(2)

NB : Consulter le site mentionné en référence pour des exemples illustrant les règles.


WIKIPEDIA
«Le point-virgule a plusieurs usages dans la grammaire française, notamment :
- Il permet d’équilibrer logiquement une phrase un peu longue (y compris en poésie classique et romantique);
- Il peut servir de séparateur, dans une énumération en liste ouverte par le signe ‘‘deux-points’’, notamment si divers éléments de l’énumération (dans la phrase) nécessitent un ou plusieurs regroupements ‘‘logiques’’ successifs;
- Il sert également à séparer des propositions indépendantes mais qui ont entre elles une relation faible, généralement une relation logique, une signification liée;
- On peut le trouver entre les prémisses d’un syllogisme;
- Il remplace la virgule lorsque celle-ci prêterait à confusion comme après un nombre à virgule.»(3)


SITE LA-PONCTUATION
« - Pour séparer des propositions ou expressions indépendantes mais qui ont entre elles une relation faible, généralement une relation logique.
- Le point-virgule est également utilisé lorsque la deuxième proposition débute par un adverbe.*
- Pour mettre en parallèle deux propositions.
- Pour séparer les termes d'une énumération introduite par un deux-points.»(4)

NB : Consulter le site mentionné en référence pour des exemples illustrant les règles.

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* Cet emploi est fortement critiqué en français et ressemble plutôt à un calque de l’anglais. On recommande, dans ce contexte, d’utiliser un point après la première proposition et de commencer un nouvelle phrase avec l’adverbe.

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(1) [GREVISSE, M. (1990). Précis de grammaire française, 29e édition. Éditions Ducolot, Paris.]
(2) Portail linguistique du Canada
(3) Wikipedia
(4) La-ponctuation.com

mardi 23 mars 2010

Ni oui ni non… ni virgule?

[Initialement publié sur le blog Mauvaise langue!]

Vous êtes-vous déjà questionné à savoir si vous deviez ou non mettre une virgule dans des phrases telles :

Je ne mangerai ni brocoli(,) ni chou-fleur(,) ni champignon.
Il n’apprendra pas ses leçons(,) ni ne fera ses devoirs.


La particule ni appelle-t-elle ou non l’usage de la virgule et si oui, dans quels contextes?

Site Grammaire aidenet

«La virgule sépare habituellement les éléments liés quand ils sont au nombre minimum de trois et que la conjonction ni est employée devant plusieurs éléments :

- Ni la chaleur, ni la pluie, ni le vent ne pouvaient les faire reculer.

La virgule n'est plus obligatoire (théoriquement) quand il y a seulement deux termes et que la négation ni est répétée devant chacun :

- Son vêtement n'était ni neuf ni usagé.»(1)

Site La-ponctuation.com

«Pour séparer des mots, des groupes de mots ou des propositions coordonnées par les conjonctions de coordination et, ou, ni lorsque celles-ci sont répétées plus de deux fois.

Il ne craint ni le vent, ni le froid, ni la neige.»(2)

Grevisse

«A. Dans une proposition, on met la virgule :
1º En général, pour séparer les éléments semblables (sujets, compléments, épithètes, attributs) non unis par et, ou, ni.

Remarque. – Quand les conjonctions et, ou, ni sont employées plus de deux fois dans une énumération, on sépare par une virgule les éléments coordonnés.»(3)

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(1) Site Web Grammaire aidenet, section d (ponctuation)
(2) Site Web La-ponctuation, 2e flèche
(3) [GREVISSE, M. (1990). Précis de grammaire française, 29e édition. Éditions Ducolot, Paris, p.271-272.]

mardi 16 février 2010

Quand une virgule vous dispense d’assister à une (possiblement ennuyante) formation

[Initialement publié sur le blog Mauvaise langue!]

La « gestion » des virgules est souvent perçue comme quelque chose de plutôt frivole, d’accessoire, d’aléatoire. On affirme parfois que la virgule permet de rythmer le texte et que c’est à l’auteur de choisir l’usage qu’il en fera. Bien sûr, quiconque possède une certaine maîtrise de la langue française sait que certaines virgules sont nécessaires, essentielles au texte. Je m’intéresse ici plutôt au cas de celles qui paraissent facultatives, soit les virgules entourant (ou non) les propositions subordonnées relatives compléments de nom (ou de pronom) :

Les employés, qui assisteront à la formation lundi matin, recevront une augmentation de salaire.

Les virgules sont-elles facultatives, ici? Nécessaires? Superflues?

Voyons ce qu’en dit Grevisse :

« Au point de vue du sens, la subordonnée relative complément de nom ou de pronom est :
1º Complément déterminatif quand elle restreint la signification de l’antécédent; on ne peut pas la retrancher sans nuire essentiellement au sens de la phrase; elle sert à distinguer l’être ou la chose dont il s’agit des autres êtres ou choses de la même catégorie.
2º Complément explicatif quand elle ajoute à l’antécédent une explication accessoire, exprimant un aspect particulier de l’être ou de la chose dont il s’agit; on peut la retrancher sans nuire essentiellement au sens de la phrase et d’ordinaire, elle est séparée par une virgule. »(1)

Le Ramat de la typographie, bien que plus bref dans son explication, reprend les mêmes faits :

« Virgule (,)
élément explicatif ou restrictif

Un élément explicatif est entre deux virgules, il explique.
Un élément restrictif est sans virgules, il restreint. »(2)

Illustrons maintenant ces explications.

1. a) Les citrons qui sont verts sont surs.
On affirme ici que seuls les citrons verts sont surs, mais que les citrons d’autres couleurs ne le sont pas nécessairement.

1. b) Les citrons, qui sont verts, sont surs.
Ici, on affirme plutôt que les citrons, de façon générale, sont surs, en ajoutant l’information qu’ils sont verts (soit de façon générale, soit en lien avec ceux dont on parle dans cette phrase, selon le contexte).

Conclusion
Ce qu’on peut conclure après ces explications, c’est qu’une virgule, ajoutée ou manquante, sans être en soi une faute, peut changer considérablement le sens du message qu’on souhaitait initialement communiquer.

Revenons à notre phrase initiale, hypothétiquement rédigée et envoyée un vendredi soir par un patron d’entreprise :

Les employés, qui assisteront à la formation lundi matin, recevront une augmentation de salaire.

Dans ce cas, tous les employés de l’entreprise auraient de bonnes raisons de se réjouir et d’aller célébrer! Et c’est le patron qui ne comprendrait pas pourquoi si peu d’employés se seraient présentés à la formation le lundi matin. Parce que ce que cette phrase dit, essentiellement, c’est que : « tous les employés recevront une augmentation de salaire ». L’information concernant le fait que ces employés assisteront à une formation n’est ici qu’accessoire et, dans le cas qui nous intéresse, purement spéculative.

Par contre, si le patron annonçait plutôt :

Les employés qui assisteront à la formation lundi matin recevront une augmentation de salaire.

On pourrait déjà se douter que probablement tous les employés se présenteraient à la formation le lundi matin. Ainsi, le patron ne se verrait pas forcé d’offrir des augmentations à tous, comme il aurait été forcé de le faire avec la phrase précédente.

La preuve que des virgules oubliées ou mal placées peuvent coûter cher ou avoir d’importantes répercussions.

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(1) [GREVISSE, M. (1990). Précis de grammaire française, 29e édition. Éditions Ducolot, Paris, p.260.]
(2) [RAMAT, A. (2008). Le Ramat de la typographie, 9e édition. Aurel Ramat éditeur, Montréal, p.180.]