mercredi 6 juin 2012

Allumettes en vente ou vente de feu?



Lors de changements de saison, les boutiques cherchent à écouler leurs stocks et nous annoncent alors des promotions toutes plus alléchantes les unes que les autres. Mais en quoi un article en vente devrait-il être plus ou moins attrayant qu’un article en solde, dites-moi?

VENTE
«n. f. 1. Convention entre deux personnes par laquelle l’une (le vendeur) s’oblige à livrer une chose à l’autre (l’acquéreur), à la payer. 2. Action de vendre.
LOCUTION
- En vente. Se dit d’un bien destiné à être vendu. NOTE Contrairement à l’anglais où le mot ‘‘sale’’ comporte deux sens distincts : ‘‘vente’’ et ‘‘vente au rabais’’, le nom français ne signifie que l’action de vendre. Pour désigner une vente où le prix des articles a été réduit, on emploiera plutôt vente au rabais, solde(1)
En français, le substantif vente désigne l’action de vendre, le fait de céder un bien contre une somme d’argent ou la mise en vente de marchandises.

Contrairement à l’anglais sale, qui peut avoir le sens de «vente à prix réduit», vente ne signifie pas «aubaine, promotion, rabais, réclame, solde», ni «liquidation». Son emploi en ce sens constitue un anglicisme. Ainsi, c’est un anglicisme de dire qu’on a acheté un article en vente : on l’a plutôt acheté en solde, en promotion, en réclame, à prix réduit ou au rabais.
[…]
Par ailleurs, on évitera ces autres calques de l’anglais que constituent vente d’eau et vente de feu (flood sale et fire sale), auxquels on préférera par exemple liquidation après sinistre ou encore solde après incendie. Si l’expression est utilisée au sens figuré et qu’il n’y a pas eu réellement sinistre, on peut employer par exemple braderie ou vente au rabais.(2)
Ainsi, tout article que l’on peut se procurer en échange d’un paiement est dit en vente. D’un point de vue pécuniaire, cette appellation devient tout à coup beaucoup moins alléchante, n’est-ce pas? Sur ce, bonnes aubaines!

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N. B. Pour des exemples d’utilisations fautives et d’utilisations correctes, consultez le lien (2), ci-dessous.
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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française

mardi 5 juin 2012

Le mot nouveau du mardi : potentat

Contexte :
Claude Deschênes, au Téléjournal 18h de Radio-Canada, le 11 mai dernier, à propos du film Dictateur : «Et les potentats de ce monde en prennent pour leur grade, comme dans cette scène, où le général Aladine s’organise des jeux olympiques et élimine ses adversaires pour gagner.»

POTENTAT
«n. m. 1. Personne qui exerce un pouvoir absolu dans un grand État. SYN. despote; tyran. 2. (FIG.) (PÉJ.) Personnage important qui possède un pouvoir excessif du fait de sa richesse, de son pouvoir, de sa réussite.»(1)

«n. m. 1. Celui qui a la souveraineté absolue dans un grand État. ⇒ monarque, souverain, tyran. 2. Homme qui possède un pouvoir excessif, absolu.»(2)

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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]

lundi 4 juin 2012

Ciel embrasé


Un coucher de soleil, tout simple, tout printanier, aperçu entre deux bâtiments, alors que je sortais d’un centre d’achats, le 18 mai dernier vers 20h20.

samedi 2 juin 2012

Le mot nouveau du samedi : jaspiner

Contexte :
Mot utilisé par une de mes collègues. Exemples d’utilisation : «Arrête de jaspiner!» ou «Quand ça se met à jaspiner autour, on ne s’entend plus penser.»

JASPINER
«v. intr. (FAM.) Bavarder, bougonner. NOTE Ce verbe a une connotation préjorative.»(1)

«v. intr. crois. de jaser et du v. dial. japiner «japper» ♦ FAM. et PÉJ. Bavarder, causer.»(2)

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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]

vendredi 1 juin 2012

Des négociations oisives?

Inspirée par les récents événements concernant les négociations entre les représentants étudiants et le gouvernement du Québec, j’ai eu une intéressante surprise en allant consulter, dans mon dictionnaire étymologique, la racine du mot négotiation et en constatant de quel mot il était issu.
OISEUX famille du latin otium «loisir», d’où otiosus «qui n’est pris par aucune affaire» : s’oppose à négotium «occupation, affaire», d’où negotiari «faire du commerce», 1er élément → NON.
1) oiseux (populaire) XIIe; ositius.
2) oisif (populaire) XIIIe : réfection, d’après oiseux, de l’ancien français oisdif XIIe «id.», peut-être issu de la contamination de oiseus et de voisdie «prudence» (dérivé de voisous «prudent», du latin vitiosus → VICE); oisiveté XIVe.
3) négoce XIIe «affaires», XVIIe «commerce» (savant) : negotium; négocier XIVe : negotiari; négociateur, négociation XIVe : negociator, negotiatio; négociant XVIe : latin negotians, -antis, part. présent de negotiari, peut-être par l’italien negoziante; négociable XVIIe.(1)
Eh bien voilà qui est plus clair : négociation serait construit du préfixe neg-, «non», et de la racine otiatio, qui aurait pour sens «loisir, libre», et de laquelle on tire aujourd’hui l’adjectif oisif. On peut donc penser que des négociations requièrent, intrinsèquement, beaucoup de travail, si on se fie à la racine du mot… L’auriez-vous cru? Et surtout, y croyez-vous toujours…?

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(1) [PICOCHE, Jacqueline (2008). Dictionnaire étymologique du français. Dictionnaires Le Robert, Paris.]