lundi 18 juin 2012

I’ve got a crush…



…a crushed CrushTM. :)

samedi 16 juin 2012

Le mot nouveau du samedi : tourillon

Contexte :
Entendu à l’émission Comment c’est fait du 30 décembre 2011, diffusée sur les ondes de Ztélé, dans un reportage sur la fabrication des locomotives. «Le châssis est alors soulevé et tourné à l’aide d’énormes tourillons pour que les axes pointent vers le haut.»

TOURILLON
«n. m. TECHN. 1. Pièce cylindrique servant d’axe; SPÉCIALT Partie d’un axe qui tourne dans un support. – Gros pivot. 2. Cheville de bois rainurée servant à assembler des pièces de menuiserie.»(1)

«n. m. TECHN. 1. Partie d’un arbre qui permet à ce dernier de tourner dans son palier support. 2. Chacun des pivots fixés de part et d’autre du tube d’un canon, grâce auxquels il repose sur l’affût(a) et peut se déplacer sur un plan vertical. 3. Cheville cylindrique servant à assembler des pièces de bois, des panneaux.»(2)

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(a) AFFÛT
«n. m. 1. Support du canon d’une bouche à feu, qui sert à le pointer, à le déplacer (par oppos. à tube). […]»(2)
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(1) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(2) [Le petit Larousse illustré 2012, édition limitée, éditions Larousse, Paris.]

vendredi 15 juin 2012

Une preuve est une preuve et est bonne parce qu'elle a été prouvée!

Inspirée de mon titre professionnel officiel, soit correctrice d’épreuves, j’ai été voir qui faisait partie de la famille étymologique du mot épreuve.
PROUVER mot latin comportant un 2e élément -bus, issu de -bhos, peut-être apparenté à la racine *bheu «croître» […]
1) probus, issu de *pro-bhos, littéralement «qui pousse bien droit», latin classique «de bonne qualité» et «honnête, loyal», d’où a) probitas «honnêteté» et les antonymes improbus et improbitas b) probare, approbare «approuver» et «faire approuver»; improbare, reprobare «désapprouver, rejeter»; probatio «épreuve, essai»; probabilis «digne d’approbation», «vraisemblable»
2) superbus, issu de *superbhos, littéralement «qui croît au-dessus des autres», latin classique «orgueilleux», d’où superbia «orgueil»[…].

- prouver (probare), prouvable, éprouver
- preuve, épreuve (dérivés de prouver et approuver, avec la voyelle eu des formes accentuées sur le radical)
- réprouver (reprobare)
- approuver (approbare)
- probable, probabilité (probabilis, probabilitas)
- probation, probatoire, probant (probatio, probans)
- approbation (approbatio)
- réprobation (reprobatio)
- superbe («orgueilleux», «grandiose», «très beau», superbus)(1)
Prouver, éprouver, approuver, réprouver. Probation, approbation, réprobation. Foncièrement, tous liés par le sens de «croître», mais de croître «droit», «de façon honnête», donc «correcte».
Probus est à l’origine du français probe, synonyme d’«honnête».
Probare, verbe dérivé de probus, signifiait «vérifier la bonne qualité, l’authenticité». Il a donné en français […]prouver.
Du nom dérivé proba est issu preuve : ce qui sert à établir qu’une chose est vraie.
Probabilis, adjectif dérivé de probare, signifiait «que l’on pourrait prouver», donc «vraisemblable». C’est l’origine du français probable.
[…]
Éprouver ne vient pas directement du latin. Il fut forgé en ancien français, sous la forme esprover, composée de prover et du préfixe -er, issu du latin -ex. Il signifiait d’abord «mettre à l’épreuve, vérifier». Il en fut dérivé esprove, devenu épreuve, au sens de «ce qui permet de vérifier la valeur d’un homme». Le sens d’éprouver s’élargit : de «mettre à l’épreuve», on passe à «faire l’essai de», puis «faire l’expérience de, tâter de»; c’est l’acception la plus commune aujourd’hui : «éprouver de la peine, de la joie, etc.».(2)
Après ces explications probantes, qu’est-il probable qu’il nous reste à prouver, cette fois? Peu importe les réprobations de gens peu probes; une fois la superbe épreuve réussie, on éprouve enfin de la fierté.

Pour conclure enfin et revenir sur le titre de ce billet, je vous enverrai (ré-)entendre la savoureuse preuve de Jean Chrétien. Même en anglais, c’est [presque...] limpide! :)

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* Les formes précédées par un astérisque sont des formes reconstituées (non attestées dans les textes).
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(1) [PICOCHE, Jacqueline (2008). Dictionnaire étymologique du français. Dictionnaires Le Robert, Paris.]
(2) [GARRUS, René (2005). Les étymologies surprises. Éditions Belin, Paris.]

jeudi 14 juin 2012

La faute du jeudi – catégorie ‘coquille’

«Tendre poitrine de poulet matrinée* avec sauce crémeuse…»

MARINÉ, ÉE
«adj. Trempé, conservé dans la saumure ou dans une marinade.»(1)

MARINER
«v. tr., intr. VERBE TRANSITIF Faire macérer (de la viande, des poissons, etc.) dans une marinade. VERBE INTRANSITIF Baigner dans une marinade, en parlant d’un aliment.»(2)

CORRECTION
Tendre poitrine de poulet marinée avec sauce crémeuse…

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* Matrinée, c’est sûrement pour les marinades matinales… :)
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(1) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(2) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]

mercredi 13 juin 2012

Légère comme l’herte*? Ou légerte comme l’air?

[Mise à jour, 14 juin 2012, 23h27]

Cette semaine, je sors la linguiste en moi et tente de trouver une explication plausible au phénomène suivant : l’usage, un peu trop répandu, de l’adjectif légerte [sic] comme féminin de léger.

Qu’est-ce qui peut bien motiver pareille faute? Tentons de tirer des généralisations, pour voir si, un peu comme le font les enfants qui disent sontaient, ouvri ou tiendre, [triple sic] (à ne pas confondre avec Triple sec…!), il n’y aurait pas une règle générale, implicite, qu’on construirait en se basant sur la formation d’autres mots similaires, pour former avec -erte le féminin des adjectifs masculins en -er.

D’abord, qu’a-t-on comme adjectifs féminins finissant en -erte :
- verte (vert)
- ouverte (ouvert)
- couverte (couvert)
- inerte (invariable)
- alerte (invariable)

Ensuite, trouvons des adjectifs féminins finissant en -ère :
- première (premier)
- côtière (côtier)
- droitière (droitier)
- minière (minier)
- printanière (printanier)
→ Tous des adjectifs masculins qui se terminent par -ier.

- délétère (invariable)
- lanifère (invariable) [«qui porte de la laine»]
- laticifère (invariable) [«qui contient du latex»]
→ Tous des adjectifs à forme invariable… ce qui ne nous aide pas beaucoup ici.

Mais!
- mensongère (mensonger)
- particulière (particulier)
- potagère (potager)

→ Ah ha! Cette fois on tient quelque chose. On a ici des adjectifs masculins qui se terminent par -er, qui forment leur féminin en -ère. Eurêka!

À partir de ce [certes! (malheureusement pas le féminin de cert [sic]…)] mini-corpus, que peut-on observer?

1) D’abord, les adjectifs non invariables qui se terminent par -erte, bien que peu nombreux, sont tous construits d’après des adjectifs masculins se terminant par -ert, donc, prononcés [Er] (comme ‘air’), et non [e] (comme ‘et’). Ça exclut d’emblée notre léger

2) Ensuite, les adjectifs qui se terminent par -ère sont, quant à eux, souvent formés sur un masculin se terminant par -ier. Encore ici, léger serait en principe exclu. Mais, avec un peu de recherche (et d’aide d’une amie professeure de français! merci Mireille!), on peut constater (les mots en caractères blancs) que quelques adjectifs en -er au masculin forment bien leur féminin en -ère. Le couple léger-légère est donc légitime et «logique», d’une certaine façon.

Ainsi, si l’adjectif légère respecte un patron morphologique régulier (c.-à-d. une façon régulière de former un type de mot dans un contexte précis) propre à d’autres adjectifs similaires, d’où vient cette déformation de légerte [sic]?

Pour ma part, je ne vois pour l’instant qu’une seule explication : le nom légèreté est probablement le grand responsable de cette contamination : léger’télégerte [sic]. Qu’en pensez-vous?

[Pourtant, bien que le nom lié à l’adjectif fier soit fierté, je ne connais personne qui dise fierte [sic] au lieu de fière!]

Évidemment, vous aurez compris que tout ceci n’a rien de scientifique et que je ne fais que réfléchir avec vous à une explication plausible d’un phénomène langagier peu ou pas expliqué. Il est bien possible que je sois complètement dans l’erreur et qu’il y ait une [réelle?] explication à cette erreur courante. Je serais, à vrai dire, la première ravie de la découvrir.

N’hésitez pas à commenter si vous avez des pistes de réflexion ou des références à partager à ce sujet.

En attendant, rappelez-vous simplement d’utiliser légère plutôt que légerte [sic].

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* Herte : mot inventé, pour l’euphonie du titre.