[Initialement publié sur le blog Mauvaise langue!]
La « gestion » des virgules est souvent perçue comme quelque chose de plutôt frivole, d’accessoire, d’aléatoire. On affirme parfois que la virgule permet de rythmer le texte et que c’est à l’auteur de choisir l’usage qu’il en fera. Bien sûr, quiconque possède une certaine maîtrise de la langue française sait que certaines virgules sont nécessaires, essentielles au texte. Je m’intéresse ici plutôt au cas de celles qui paraissent facultatives, soit les virgules entourant (ou non) les propositions subordonnées relatives compléments de nom (ou de pronom) :
Les employés, qui assisteront à la formation lundi matin, recevront une augmentation de salaire.
Les virgules sont-elles facultatives, ici? Nécessaires? Superflues?
Voyons ce qu’en dit Grevisse :
« Au point de vue du sens, la subordonnée relative complément de nom ou de pronom est :
1º Complément déterminatif quand elle restreint la signification de l’antécédent; on ne peut pas la retrancher sans nuire essentiellement au sens de la phrase; elle sert à distinguer l’être ou la chose dont il s’agit des autres êtres ou choses de la même catégorie.
2º Complément explicatif quand elle ajoute à l’antécédent une explication accessoire, exprimant un aspect particulier de l’être ou de la chose dont il s’agit; on peut la retrancher sans nuire essentiellement au sens de la phrase et d’ordinaire, elle est séparée par une virgule. »(1)
Le Ramat de la typographie, bien que plus bref dans son explication, reprend les mêmes faits :
« Virgule (,)
élément explicatif ou restrictif
Un élément explicatif est entre deux virgules, il explique.
Un élément restrictif est sans virgules, il restreint. »(2)
Illustrons maintenant ces explications.
1. a) Les citrons qui sont verts sont surs.
On affirme ici que seuls les citrons verts sont surs, mais que les citrons d’autres couleurs ne le sont pas nécessairement.
1. b) Les citrons, qui sont verts, sont surs.
Ici, on affirme plutôt que les citrons, de façon générale, sont surs, en ajoutant l’information qu’ils sont verts (soit de façon générale, soit en lien avec ceux dont on parle dans cette phrase, selon le contexte).
Conclusion
Ce qu’on peut conclure après ces explications, c’est qu’une virgule, ajoutée ou manquante, sans être en soi une faute, peut changer considérablement le sens du message qu’on souhaitait initialement communiquer.
Revenons à notre phrase initiale, hypothétiquement rédigée et envoyée un vendredi soir par un patron d’entreprise :
Les employés, qui assisteront à la formation lundi matin, recevront une augmentation de salaire.
Dans ce cas, tous les employés de l’entreprise auraient de bonnes raisons de se réjouir et d’aller célébrer! Et c’est le patron qui ne comprendrait pas pourquoi si peu d’employés se seraient présentés à la formation le lundi matin. Parce que ce que cette phrase dit, essentiellement, c’est que : « tous les employés recevront une augmentation de salaire ». L’information concernant le fait que ces employés assisteront à une formation n’est ici qu’accessoire et, dans le cas qui nous intéresse, purement spéculative.
Par contre, si le patron annonçait plutôt :
Les employés qui assisteront à la formation lundi matin recevront une augmentation de salaire.
On pourrait déjà se douter que probablement tous les employés se présenteraient à la formation le lundi matin. Ainsi, le patron ne se verrait pas forcé d’offrir des augmentations à tous, comme il aurait été forcé de le faire avec la phrase précédente.
La preuve que des virgules oubliées ou mal placées peuvent coûter cher ou avoir d’importantes répercussions.
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(1) [GREVISSE, M. (1990). Précis de grammaire française, 29e édition. Éditions Ducolot, Paris, p.260.]
(2) [RAMAT, A. (2008). Le Ramat de la typographie, 9e édition. Aurel Ramat éditeur, Montréal, p.180.]
mardi 16 février 2010
jeudi 11 février 2010
Quand on a l’occasion de choisir son opportunité
[Initilament publié sur le site de Mauvaise langue!]

D’après vous, l’affiche annonçant un emploi est-elle fautive ou pas? Parler d’opportunités d’emploi, ça vous choque? Il semble que les avis soient partagés sur la question et que là où certains voient un usage inapproprié d’un mot qui calque son sens sur son homologue anglais, d’autres au contraire voient l’extension du sens initial du mot français. Voici quelques capsules déjà rédigées à ce sujet :
Office québécois de la langue française (OQLF) :
L’OQLF critique l’acception et étiquette cette dernière comme anglicisme, en recommandant d’utiliser plutôt occasion pour rendre le sens du « opportunity » anglais.
Guy Bertrand, linguiste à Radio-Canada :
Monsieur Bertrand, quant à lui, semble dire que l’emploi d’opportunité au sens de « chance » ou « occasion » est maintenant passé dans l’usage, bien qu’on puisse en éviter l’emploi en remplaçant par d’autres formules.
Trésor de la langue française :
« OPPORTUNITÉ, subst. fém.
A. Caractère opportun (de); caractère de ce qui est opportun. Synon. à-propos, convenance.
1. Opportunité de + subst. ou inf.
2. [Sans compl. prép. de]
2. a) Avoir le sens de l'opportunité. Savoir d'instinct ce qu'il convient de faire dans telle situation.
2. b) D'opportunité. De convenance, de circonstance.
B. Par méton. Occasion ou circonstance favorable. »(1)
Comme on le constate, le Trésor présente, au sens B, un sens métonymique d’opportunité, qui semble rejoindre le sens d’« occasion » qu’on juge emprunté à l’anglais. Cette interprétation métonymique est, à mon sens, fort intéressante.
Conclusion?
Ainsi, il vous revient, locuteur, d’employer l’acception d’opportunité au sens d’« occasion », en défendant votre choix sur le principe selon lequel la beauté d’une langue vivante vient du fait qu’elle évolue constamment et qu’elle est continuellement influencée par les langues qu’elle côtoie; ou alors, au contraire, de refuser d’utiliser cette acception critiquée en mettant à profit un vocabulaire riche et précis, qui existe déjà dans notre belle langue française. Le choix est vôtre : profitez-en!
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(1) Site Web Le Trésor de la Langue Française informatisé, sous l'entrée opportunité

D’après vous, l’affiche annonçant un emploi est-elle fautive ou pas? Parler d’opportunités d’emploi, ça vous choque? Il semble que les avis soient partagés sur la question et que là où certains voient un usage inapproprié d’un mot qui calque son sens sur son homologue anglais, d’autres au contraire voient l’extension du sens initial du mot français. Voici quelques capsules déjà rédigées à ce sujet :
Office québécois de la langue française (OQLF) :
L’OQLF critique l’acception et étiquette cette dernière comme anglicisme, en recommandant d’utiliser plutôt occasion pour rendre le sens du « opportunity » anglais.
Guy Bertrand, linguiste à Radio-Canada :
Monsieur Bertrand, quant à lui, semble dire que l’emploi d’opportunité au sens de « chance » ou « occasion » est maintenant passé dans l’usage, bien qu’on puisse en éviter l’emploi en remplaçant par d’autres formules.
Trésor de la langue française :
« OPPORTUNITÉ, subst. fém.
A. Caractère opportun (de); caractère de ce qui est opportun. Synon. à-propos, convenance.
1. Opportunité de + subst. ou inf.
2. [Sans compl. prép. de]
2. a) Avoir le sens de l'opportunité. Savoir d'instinct ce qu'il convient de faire dans telle situation.
2. b) D'opportunité. De convenance, de circonstance.
B. Par méton. Occasion ou circonstance favorable. »(1)
Comme on le constate, le Trésor présente, au sens B, un sens métonymique d’opportunité, qui semble rejoindre le sens d’« occasion » qu’on juge emprunté à l’anglais. Cette interprétation métonymique est, à mon sens, fort intéressante.
Conclusion?
Ainsi, il vous revient, locuteur, d’employer l’acception d’opportunité au sens d’« occasion », en défendant votre choix sur le principe selon lequel la beauté d’une langue vivante vient du fait qu’elle évolue constamment et qu’elle est continuellement influencée par les langues qu’elle côtoie; ou alors, au contraire, de refuser d’utiliser cette acception critiquée en mettant à profit un vocabulaire riche et précis, qui existe déjà dans notre belle langue française. Le choix est vôtre : profitez-en!
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(1) Site Web Le Trésor de la Langue Française informatisé, sous l'entrée opportunité
mardi 2 février 2010
Peut-on se fier aux grammaires pour nous expliquer clairement la règle des participes passés?
[Initialement publié sur le blog Mauvaise langue!]
Le billet de vendredi dernier du Dr Gorki, qui parlait brièvement de la « fossilisation » des participes passés, m’a inspiré le sujet de la capsule de cette semaine.
Non, je ne vous rabattrai pas les oreilles avec le détail de l’accord du participe passé. Mais j’aborderai plutôt le cas particulier d’un participe passé pronominal dont l’accord fait douter les plus érudits : se fier.
Voyons l’exemple suivant :
Ils se sont fié/fiés à leur intuition.
Comment accorderiez-vous le participe ici? – fié? – fiés? Pas évident?
1re réflexion :
Participe passé employé avec l’auxiliaire être, on accorde avec le sujet du verbe. Ici, ils, donc, logiquement fiés. Tout bêtement. …Vraiment? Un doute m’assaille.
2e réflexion :
Participe passé des verbes pronominaux : on remplace, pour trouver le complément d’objet direct, l’auxiliaire être par l’auxiliaire avoir, ce qui nous donne « Ils ont fié quoi? À leur intuition. » Donc, pas de complément d’objet direct, invariable.
3e réflexion :
Euhhh… Consulter une grammaire?
L’avis de Grevisse
« Participes passés des verbes pronominaux.
N.B. – 1. Dans la question que l’on fait pour trouver le complément d’objet direct d’un verbe pronominal, on remplace l’auxiliaire être par l’auxiliaire avoir : Ils se sont imposés des sacrifices : Ils ont imposé quoi? – des sacrifices. » (1)
(…la règle commence bel et bien par un N.B.)
Selon cette première règle formulée par Grevisse, il faut se poser la question : « Ils ont fié quoi? » – pas de complément d’objet direct, donc, invariable. Ce qui revient à la 2e réflexion ci-dessus. Ouf!
Vraiment? Hmmm… pas tout à fait. Retournons voir Grevisse :
« 2. Bien se rappeler la classification des verbes pronominaux. »(1) Admettez que c’est marrant! Et Grevisse nous réfère gentiment au paragraphe concernant la classification des verbes pronominaux. Je me permettrai de vous la résumer ainsi :
- verbe pronominal réfléchi : « lorsque l’action revient, se réfléchit sur le sujet »(1);
- verbe pronominal réciproque : « lorsque deux ou plusieurs sujets agissent l’un sur l’autre ou les uns sur les autres »(1);
- verbe pronominal à pronom sans fonction logique : où le pronom « reflète simplement le sujet, sans jouer aucun rôle de complément d’objet direct ou indirect »(1);
- forme pronominale utilisée au sens passif.
Et donc, ces quatre types de participes s’accordent avec leur sujet.
Ça commence à se corser n’est-ce pas? Voilà pourquoi je vous disais que même un érudit linguiste s’y perd. Comment déterminer si se fier est un verbe pronominal à pronom sans fonction logique? Et le cas échéant, on devrait donc, dans notre exemple, accorder le participe avec son sujet : « Ils se sont fiés à leur intuition. » Retour à la 1re réflexion ci-dessus. Ouille! Comment s’en sort-on?
L’avis de Le français au bureau
Toujours pas convaincue de mon choix de type de participe, j’ai, par curiosité, ouvert mon Le français au bureau, plus ou moins confiante d’y trouver quelque information sur le sujet. À tort! J’y ai découvert l’explication la plus éclairée concernant tooooous les participes passés pronominaux : ces derniers n’ont maintenant plus aucun secret pour moi!
« Le participe passé pronominal des verbes qui n’existent que sous la forme pronominale s’accorde en genre et nombre avec le sujet du verbe. C’est aussi le cas pour les verbes pronominaux dont l’action ne se reporte pas sur le sujet et qu’on appelle verbes pronominaux non réfléchis.
[…]
Le participe passé des verbes transitifs et intransitifs employés pronominalement s’accorde en genre et en nombre avec le complément direct, s’il précède le verbe, car l’auxiliaire être est généralement mis pour avoir. Ce complément direct peut être soit le pronom se, soit un nom. »(2)
[je vous épargne ici les exceptions, lesquelles n’ont jamais de complément d’objet direct, devinant que vous avez gobé assez de théorie comme ça… mais pour les curieux, le haut de la p.351 complètera votre édification]
Eurêka! Notre verbe se fier est un verbe qui n’existe QU’À la forme pronominale (le verbe fier tout seul n’existant pas). Il s’accorde donc avec son sujet : « Ils se sont fiés à leur intuition. »
Et vous : vous seriez-vous fiés à votre intuition pour accorder ce participe passé? Pas moi!
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(1) [GREVISSE, M. (1990). Précis de grammaire française, 29e édition. Éditions Ducolot, Paris, p.203.]
(2) [GUILLOTON, N. & H. Cajolet-Laganière (2005). Le français au bureau, 6e édition. Les publications du Québec, p.350.]
Le billet de vendredi dernier du Dr Gorki, qui parlait brièvement de la « fossilisation » des participes passés, m’a inspiré le sujet de la capsule de cette semaine.
Non, je ne vous rabattrai pas les oreilles avec le détail de l’accord du participe passé. Mais j’aborderai plutôt le cas particulier d’un participe passé pronominal dont l’accord fait douter les plus érudits : se fier.
Voyons l’exemple suivant :
Ils se sont fié/fiés à leur intuition.
Comment accorderiez-vous le participe ici? – fié? – fiés? Pas évident?
1re réflexion :
Participe passé employé avec l’auxiliaire être, on accorde avec le sujet du verbe. Ici, ils, donc, logiquement fiés. Tout bêtement. …Vraiment? Un doute m’assaille.
2e réflexion :
Participe passé des verbes pronominaux : on remplace, pour trouver le complément d’objet direct, l’auxiliaire être par l’auxiliaire avoir, ce qui nous donne « Ils ont fié quoi? À leur intuition. » Donc, pas de complément d’objet direct, invariable.
3e réflexion :
Euhhh… Consulter une grammaire?
L’avis de Grevisse
« Participes passés des verbes pronominaux.
N.B. – 1. Dans la question que l’on fait pour trouver le complément d’objet direct d’un verbe pronominal, on remplace l’auxiliaire être par l’auxiliaire avoir : Ils se sont imposés des sacrifices : Ils ont imposé quoi? – des sacrifices. » (1)
(…la règle commence bel et bien par un N.B.)
Selon cette première règle formulée par Grevisse, il faut se poser la question : « Ils ont fié quoi? » – pas de complément d’objet direct, donc, invariable. Ce qui revient à la 2e réflexion ci-dessus. Ouf!
Vraiment? Hmmm… pas tout à fait. Retournons voir Grevisse :
« 2. Bien se rappeler la classification des verbes pronominaux. »(1) Admettez que c’est marrant! Et Grevisse nous réfère gentiment au paragraphe concernant la classification des verbes pronominaux. Je me permettrai de vous la résumer ainsi :
- verbe pronominal réfléchi : « lorsque l’action revient, se réfléchit sur le sujet »(1);
- verbe pronominal réciproque : « lorsque deux ou plusieurs sujets agissent l’un sur l’autre ou les uns sur les autres »(1);
- verbe pronominal à pronom sans fonction logique : où le pronom « reflète simplement le sujet, sans jouer aucun rôle de complément d’objet direct ou indirect »(1);
- forme pronominale utilisée au sens passif.
Et donc, ces quatre types de participes s’accordent avec leur sujet.
Ça commence à se corser n’est-ce pas? Voilà pourquoi je vous disais que même un érudit linguiste s’y perd. Comment déterminer si se fier est un verbe pronominal à pronom sans fonction logique? Et le cas échéant, on devrait donc, dans notre exemple, accorder le participe avec son sujet : « Ils se sont fiés à leur intuition. » Retour à la 1re réflexion ci-dessus. Ouille! Comment s’en sort-on?
L’avis de Le français au bureau
Toujours pas convaincue de mon choix de type de participe, j’ai, par curiosité, ouvert mon Le français au bureau, plus ou moins confiante d’y trouver quelque information sur le sujet. À tort! J’y ai découvert l’explication la plus éclairée concernant tooooous les participes passés pronominaux : ces derniers n’ont maintenant plus aucun secret pour moi!
« Le participe passé pronominal des verbes qui n’existent que sous la forme pronominale s’accorde en genre et nombre avec le sujet du verbe. C’est aussi le cas pour les verbes pronominaux dont l’action ne se reporte pas sur le sujet et qu’on appelle verbes pronominaux non réfléchis.
[…]
Le participe passé des verbes transitifs et intransitifs employés pronominalement s’accorde en genre et en nombre avec le complément direct, s’il précède le verbe, car l’auxiliaire être est généralement mis pour avoir. Ce complément direct peut être soit le pronom se, soit un nom. »(2)
[je vous épargne ici les exceptions, lesquelles n’ont jamais de complément d’objet direct, devinant que vous avez gobé assez de théorie comme ça… mais pour les curieux, le haut de la p.351 complètera votre édification]
Eurêka! Notre verbe se fier est un verbe qui n’existe QU’À la forme pronominale (le verbe fier tout seul n’existant pas). Il s’accorde donc avec son sujet : « Ils se sont fiés à leur intuition. »
Et vous : vous seriez-vous fiés à votre intuition pour accorder ce participe passé? Pas moi!
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(1) [GREVISSE, M. (1990). Précis de grammaire française, 29e édition. Éditions Ducolot, Paris, p.203.]
(2) [GUILLOTON, N. & H. Cajolet-Laganière (2005). Le français au bureau, 6e édition. Les publications du Québec, p.350.]
mardi 26 janvier 2010
Des godasses à 500 $, trouvez-vous ça dispendieux?
[Initialement publié sur le blog Mauvaise langue!]
On entend et on utilise souvent certains mots de façon incorrecte, sans même s’en douter. Généralement, c’est que l’erreur est très répandue, « passée dans l’usage » et donc, on croit que le message est compris comme on le souhaite. Mais selon à qui on s’adresse, il est peut-être présomptueux de croire que notre interlocuteur utilise nécessairement notre idiolecte (idiolecte : « (Linguistique) Ensemble des particularités langagières propre à un individu donné. »(1)).
Ainsi, je m’intéresse aujourd’hui à une nuance fine du mot dispendieux, puisqu’elle semble inconnue de nombreuses gens.
Soit les exemples suivants :
« Je ne peux pas m’offrir ces chaussures à 500 $, elles sont beaucoup trop dispendieuses! »,
« Mon amie m’a vendu sa voiture Hyundai Accent 1998 pour la somme de 500 $. Je trouve toutefois que cette voiture est dispendieuse. »,
« Mon amie s’est acheté une voiture neuve pour 35 000 $. Je trouve cette voiture dispendieuse! ».
Selon vous, laquelle de ces trois phrases présenterait un usage inapproprié du terme dispendieux? La deuxième? Parce qu’un voiture à 500 $, c’est une vraie aubaine, me direz-vous?
Avant de vous donner la réponse (dont vous vous doutez maintenant sûrement puisque j’y ai attiré votre attention), allons voir de plus près ce qu’en disent quelques dictionnaires.
Ce qu’en dit Le Petit Robert :
« Qui exige une grande dépense. Synonymes : cher, coûteux, onéreux. »(2)
Jusqu’ici, on n’est pas vraiment plus avancés. C’est quoi exactement, « une grande dépense »? 500 $ en soi, c’est une grande dépense? On pressent que pour des chaussures, oui, mais pour une voiture, non. Pour la voiture à 35 000 $, par contre, on peut dire avec confiance qu’il s’agit là d’une grande dépense. Donc, selon cette définition, notre intuition nous indique que les chaussures et la voiture neuves sont dispendieuses, alors que la voiture à 500 $ ne l’est pas. Pourtant, 500 $, c’est 500 $, non? Comment définir ce qu’est « une grande dépense »? Il semble manquer à cette définition une notion de ‘par rapport à ce qu’on s’attend à payer’, plus ou moins. Personnellement, je trouve que cette définition du Petit Robert est bien nébuleuse (ou incomplète). Mais poursuivons…
Ce qu’en dit Le Petit Larousse :
« (Litt.) Qui occasionne beaucoup de dépenses. »(1) (utilisation littéraire : « mot que l’on rencontre surtout dans les textes écrits »(1))
Bon, ici, déjà une nuance commence à se dessiner. On peut en effet dire qu’une voiture occasionne beaucoup de dépenses (il faut dépenser pour la garder en bon état, pour se procurer son carburant, etc.). Mais peut-on vraisemblablement dire qu’une paire de souliers occasionne des dépenses? Outre l’achat initial des godasses (avouez que godasses, pour des pompes à 500 $, c’est étrange, non? – encore là matière à capsule, peut être? : « quelles sont les nuances sémantiques parmi les différents synonymes de vestiments pédestres »!)… Euh, je disais donc : outre l’achat initial des chaussures et, si on pousse un peu la chose, outre (peut être!) l’achat de quelques produits pour lustrer, nettoyer ou imperméabiliser lesdites chaussures, aucuns autres frais (et hop! on a de la suite dans les idées n’est-ce pas? si vous doutez de l’accord de aucuns, retournez lire ma capsule de la semaine dernière – et vive l’autopromotion!) ne devraient être engagés pour les chaussures. Verdict : les godasses, même à 500 $, ne sont donc pas dispendieuses. Mais mais mais… que sont-elles, dans ce cas?
Ce qu’en dit le Multidictionnaire :
« (Litt.) Qui entraîne beaucoup de dépenses. SYN. coûteux, onéreux.
NB : L’emploi de cet adjectif est courant au Québec, mais il est vieilli ou littéraire dans le reste de la francophonie.
NB : Ne pas confondre avec l’adjectif cher, d’un prix élevé. »(3)
Et voilà! Le gentil Multi nous éclaircit tout ça! Les chaussures à 500 $ n’étaient donc pas dispendieuses, mais chères! Et la voiture neuve à 35 000 $ est chère elle aussi, mais elle ne devrait vraisemblablement pas devenir particulièrement dispendieuse (sinon un peu quand même) avant quelques années.
Voici d’ailleurs ce que nous dit le Multi du mot cher, dans l’acception qui nous intéresse :
« Qui coûte beaucoup d’argent. »(3)
Ainsi, ma voiture à 500 $ n’était absolument pas chère, mais demeure dispendieuse (je vous montrerai les factures de réparation et d’entretien, à témoin). Pour dire vrai, elle devient de plus en plus dispendieuse au fil des années. Il faudra d’ailleurs sûrement que je songe à m’en acheter une neuve (donc une qui soit chère, malheureusement) bientôt. Parce que fatalement : si elle est chère (mais surtout neuve donc), elle ne devrait plus être dispendieuse… du moins pour quelques années.
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(1) [Le Petit Larousse illustré, édition 1996. Paris.]
(2) [Le nouveau Petit Robert, édition 2004. Paris.]
(3) [DeVillers, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
On entend et on utilise souvent certains mots de façon incorrecte, sans même s’en douter. Généralement, c’est que l’erreur est très répandue, « passée dans l’usage » et donc, on croit que le message est compris comme on le souhaite. Mais selon à qui on s’adresse, il est peut-être présomptueux de croire que notre interlocuteur utilise nécessairement notre idiolecte (idiolecte : « (Linguistique) Ensemble des particularités langagières propre à un individu donné. »(1)).
Ainsi, je m’intéresse aujourd’hui à une nuance fine du mot dispendieux, puisqu’elle semble inconnue de nombreuses gens.
Soit les exemples suivants :
« Je ne peux pas m’offrir ces chaussures à 500 $, elles sont beaucoup trop dispendieuses! »,
« Mon amie m’a vendu sa voiture Hyundai Accent 1998 pour la somme de 500 $. Je trouve toutefois que cette voiture est dispendieuse. »,
« Mon amie s’est acheté une voiture neuve pour 35 000 $. Je trouve cette voiture dispendieuse! ».
Selon vous, laquelle de ces trois phrases présenterait un usage inapproprié du terme dispendieux? La deuxième? Parce qu’un voiture à 500 $, c’est une vraie aubaine, me direz-vous?
Avant de vous donner la réponse (dont vous vous doutez maintenant sûrement puisque j’y ai attiré votre attention), allons voir de plus près ce qu’en disent quelques dictionnaires.
Ce qu’en dit Le Petit Robert :
« Qui exige une grande dépense. Synonymes : cher, coûteux, onéreux. »(2)
Jusqu’ici, on n’est pas vraiment plus avancés. C’est quoi exactement, « une grande dépense »? 500 $ en soi, c’est une grande dépense? On pressent que pour des chaussures, oui, mais pour une voiture, non. Pour la voiture à 35 000 $, par contre, on peut dire avec confiance qu’il s’agit là d’une grande dépense. Donc, selon cette définition, notre intuition nous indique que les chaussures et la voiture neuves sont dispendieuses, alors que la voiture à 500 $ ne l’est pas. Pourtant, 500 $, c’est 500 $, non? Comment définir ce qu’est « une grande dépense »? Il semble manquer à cette définition une notion de ‘par rapport à ce qu’on s’attend à payer’, plus ou moins. Personnellement, je trouve que cette définition du Petit Robert est bien nébuleuse (ou incomplète). Mais poursuivons…
Ce qu’en dit Le Petit Larousse :
« (Litt.) Qui occasionne beaucoup de dépenses. »(1) (utilisation littéraire : « mot que l’on rencontre surtout dans les textes écrits »(1))
Bon, ici, déjà une nuance commence à se dessiner. On peut en effet dire qu’une voiture occasionne beaucoup de dépenses (il faut dépenser pour la garder en bon état, pour se procurer son carburant, etc.). Mais peut-on vraisemblablement dire qu’une paire de souliers occasionne des dépenses? Outre l’achat initial des godasses (avouez que godasses, pour des pompes à 500 $, c’est étrange, non? – encore là matière à capsule, peut être? : « quelles sont les nuances sémantiques parmi les différents synonymes de vestiments pédestres »!)… Euh, je disais donc : outre l’achat initial des chaussures et, si on pousse un peu la chose, outre (peut être!) l’achat de quelques produits pour lustrer, nettoyer ou imperméabiliser lesdites chaussures, aucuns autres frais (et hop! on a de la suite dans les idées n’est-ce pas? si vous doutez de l’accord de aucuns, retournez lire ma capsule de la semaine dernière – et vive l’autopromotion!) ne devraient être engagés pour les chaussures. Verdict : les godasses, même à 500 $, ne sont donc pas dispendieuses. Mais mais mais… que sont-elles, dans ce cas?
Ce qu’en dit le Multidictionnaire :
« (Litt.) Qui entraîne beaucoup de dépenses. SYN. coûteux, onéreux.
NB : L’emploi de cet adjectif est courant au Québec, mais il est vieilli ou littéraire dans le reste de la francophonie.
NB : Ne pas confondre avec l’adjectif cher, d’un prix élevé. »(3)
Et voilà! Le gentil Multi nous éclaircit tout ça! Les chaussures à 500 $ n’étaient donc pas dispendieuses, mais chères! Et la voiture neuve à 35 000 $ est chère elle aussi, mais elle ne devrait vraisemblablement pas devenir particulièrement dispendieuse (sinon un peu quand même) avant quelques années.
Voici d’ailleurs ce que nous dit le Multi du mot cher, dans l’acception qui nous intéresse :
« Qui coûte beaucoup d’argent. »(3)
Ainsi, ma voiture à 500 $ n’était absolument pas chère, mais demeure dispendieuse (je vous montrerai les factures de réparation et d’entretien, à témoin). Pour dire vrai, elle devient de plus en plus dispendieuse au fil des années. Il faudra d’ailleurs sûrement que je songe à m’en acheter une neuve (donc une qui soit chère, malheureusement) bientôt. Parce que fatalement : si elle est chère (mais surtout neuve donc), elle ne devrait plus être dispendieuse… du moins pour quelques années.
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(1) [Le Petit Larousse illustré, édition 1996. Paris.]
(2) [Le nouveau Petit Robert, édition 2004. Paris.]
(3) [DeVillers, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
mardi 19 janvier 2010
Aucun est-il vraiment «toujours» singulier?
[Initialement publié sur le blog Mauvaise langue!]
Le sujet de la capsule d’aujourd’hui m’a été inspiré par ce panneau publicitaire de la compagnie Fido, panneau que j’ai aperçu dans le métro de Montréal alors que je retournais tranquillement chez moi. Si vous l’observez attentivement, vous y apercevrez un léger graffiti, inscrit en bleu, sur le «s» de aucuns, par quelqu’un qui passait par là et qui s’est senti l’âme d’un correcteur (ou d’une correctrice – mais, si vous me le permettez, je fais partie de ceux (et celles!) qui acceptent sans broncher que, en français, le masculin est «le genre non marqué», tout simplement, n’y voyant là pas même l’ombre d’une considération sexiste; ainsi, j’accepte tout à fait que le masculin inclue le féminin : vous me le pardonnez? – d’ailleurs, je reviendrai peut-être sur le sujet dans le cadre d’une future capsule, qui sait…).
Le problème de ce graffiti, donc, est qu’il a été apposé par un correcteur qui n’en avait cette fois que l’âme, et non les réelles «compétences» linguistiques qu’on aurait pu lui présumer, si je puis m’exprimer ainsi. Et d’apercevoir cette erreur, c’est-à-dire plus exactement l’ajout d’une erreur là où il ne s’en trouvait pas initialement, erreur somme toute assez courante et répandue, eh bien ça m’a fait sourire. C’est pourquoi je me suis permis d’immortaliser la chose pour pouvoir partager mon amusement.
Allons-y de la capsule grammaticale du jour, maintenant qu’est clos ce préambule : oui, le mot aucun doit, en principe, toujours être singulier. «En principe». Si vous connaissez ne serait-ce qu’un peu la langue française et vous souvenez de vos cours de grammaire à l’école, vous ne serez pas étonnés d’apprendre que le français est truffé d’exceptions (qui vous font peut-être grincer des dents?) et présente rarement une règle assez simple pour qu’on puisse trancher sans équivoque sur son application par un «oui toujours» ou «non jamais».
Voici donc le secret de l’exception concernant aucun : il est GÉNÉRALEMENT singulier, sauf dans le cas où il détermine un nom qui ne PEUT PAS être employé au singulier. Comme frais. Ou encore, mais plus rarement, sauf dans le cas où le pluriel du nom donne un sens particulier, qui soit différent du sens singulier. Par exemple, on dira : «je n’ai eu aucunes nouvelles de mon amie depuis un mois», puisqu’on ne dit pas «avoir une nouvelle de quelqu’un», le sens pluriel de nouvelles ayant ici une signification différente du sens singulier d'une nouvelle. Vous me suivez?
Ainsi, ces explications nous laissent comprendre que la deuxième affiche, celle d’Ardène, laquelle arbore fièrement aucunes exceptions pour attirer férocement la clientèle, est, elle, fautive, puisqu’on veut vraisemblablement signifier aux clients que le magasin accepte «zéro exception» quant à l’application du rabais sur les différentes marchandises. Malheureusement, cette pancarte est trop haut perchée (et aussi trop surveillée) pour subir les foudres d’un «graffiteur-correcteur», contrairement à l’annonce de Fido présentée précédemment.
Ce que Grevisse en dit :
«Aucun et nul, marquant la quantité zéro, ne s’emploient généralement qu’au singulier. Ils s’emploient au pluriel, devant des noms qui n’ont pas de singulier ou qui prennent au pluriel un sens particulier.»(1)
Ce que le Petit Robert en dit :
«Aucuns, aucunes s'emploie lorsque le nom qu'il accompagne n'a pas de singulier.»(2)
Ce que Le français au bureau en dit :
«L’adjectif indéfini aucun s’emploie principalement au singulier. Il se met cependant au pluriel avec les noms qui sont toujours au pluriel […]. Aucun se met aussi au pluriel devant un nom qui a un singulier, mais qui est employé dans un contexte où il ne peut être qu’au pluriel.»(3)
Simple, non? *sourire amusé* Ce qui est moins simple, me direz-vous, c’est de connaître ces mots qui ne s’emploient jamais au singulier. Ils sont rares, en effet, et il serait sûrement relativement facile d’en dresser la liste. C’est donc un plaisir que je me permets de vous laisser tout entier.
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(1) [GREVISSE, M. (1990). Précis de grammaire française, 29e édition. Éditions Ducolot, Paris, p. 104.]
(2) [Version électronique du Nouveau Petit Robert (1997).]
(3) [GUILLOTON, N. et H. CAJOLET-LAGANIÈRE (2000). Le français au bureau, 5e édition. Les publications du Québec, p. 319.]
Le sujet de la capsule d’aujourd’hui m’a été inspiré par ce panneau publicitaire de la compagnie Fido, panneau que j’ai aperçu dans le métro de Montréal alors que je retournais tranquillement chez moi. Si vous l’observez attentivement, vous y apercevrez un léger graffiti, inscrit en bleu, sur le «s» de aucuns, par quelqu’un qui passait par là et qui s’est senti l’âme d’un correcteur (ou d’une correctrice – mais, si vous me le permettez, je fais partie de ceux (et celles!) qui acceptent sans broncher que, en français, le masculin est «le genre non marqué», tout simplement, n’y voyant là pas même l’ombre d’une considération sexiste; ainsi, j’accepte tout à fait que le masculin inclue le féminin : vous me le pardonnez? – d’ailleurs, je reviendrai peut-être sur le sujet dans le cadre d’une future capsule, qui sait…).
Le problème de ce graffiti, donc, est qu’il a été apposé par un correcteur qui n’en avait cette fois que l’âme, et non les réelles «compétences» linguistiques qu’on aurait pu lui présumer, si je puis m’exprimer ainsi. Et d’apercevoir cette erreur, c’est-à-dire plus exactement l’ajout d’une erreur là où il ne s’en trouvait pas initialement, erreur somme toute assez courante et répandue, eh bien ça m’a fait sourire. C’est pourquoi je me suis permis d’immortaliser la chose pour pouvoir partager mon amusement.
Allons-y de la capsule grammaticale du jour, maintenant qu’est clos ce préambule : oui, le mot aucun doit, en principe, toujours être singulier. «En principe». Si vous connaissez ne serait-ce qu’un peu la langue française et vous souvenez de vos cours de grammaire à l’école, vous ne serez pas étonnés d’apprendre que le français est truffé d’exceptions (qui vous font peut-être grincer des dents?) et présente rarement une règle assez simple pour qu’on puisse trancher sans équivoque sur son application par un «oui toujours» ou «non jamais».
Voici donc le secret de l’exception concernant aucun : il est GÉNÉRALEMENT singulier, sauf dans le cas où il détermine un nom qui ne PEUT PAS être employé au singulier. Comme frais. Ou encore, mais plus rarement, sauf dans le cas où le pluriel du nom donne un sens particulier, qui soit différent du sens singulier. Par exemple, on dira : «je n’ai eu aucunes nouvelles de mon amie depuis un mois», puisqu’on ne dit pas «avoir une nouvelle de quelqu’un», le sens pluriel de nouvelles ayant ici une signification différente du sens singulier d'une nouvelle. Vous me suivez?
Ainsi, ces explications nous laissent comprendre que la deuxième affiche, celle d’Ardène, laquelle arbore fièrement aucunes exceptions pour attirer férocement la clientèle, est, elle, fautive, puisqu’on veut vraisemblablement signifier aux clients que le magasin accepte «zéro exception» quant à l’application du rabais sur les différentes marchandises. Malheureusement, cette pancarte est trop haut perchée (et aussi trop surveillée) pour subir les foudres d’un «graffiteur-correcteur», contrairement à l’annonce de Fido présentée précédemment.
Ce que Grevisse en dit :
«Aucun et nul, marquant la quantité zéro, ne s’emploient généralement qu’au singulier. Ils s’emploient au pluriel, devant des noms qui n’ont pas de singulier ou qui prennent au pluriel un sens particulier.»(1)
Ce que le Petit Robert en dit :
«Aucuns, aucunes s'emploie lorsque le nom qu'il accompagne n'a pas de singulier.»(2)
Ce que Le français au bureau en dit :
«L’adjectif indéfini aucun s’emploie principalement au singulier. Il se met cependant au pluriel avec les noms qui sont toujours au pluriel […]. Aucun se met aussi au pluriel devant un nom qui a un singulier, mais qui est employé dans un contexte où il ne peut être qu’au pluriel.»(3)
Simple, non? *sourire amusé* Ce qui est moins simple, me direz-vous, c’est de connaître ces mots qui ne s’emploient jamais au singulier. Ils sont rares, en effet, et il serait sûrement relativement facile d’en dresser la liste. C’est donc un plaisir que je me permets de vous laisser tout entier.
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(1) [GREVISSE, M. (1990). Précis de grammaire française, 29e édition. Éditions Ducolot, Paris, p. 104.]
(2) [Version électronique du Nouveau Petit Robert (1997).]
(3) [GUILLOTON, N. et H. CAJOLET-LAGANIÈRE (2000). Le français au bureau, 5e édition. Les publications du Québec, p. 319.]
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