Aujourd’hui, je vous parlerai d’un mot qui est régulièrement utilisé de façon incorrecte lors de discours à caractère financier, et qu’on entend aussi dans d’autres contextes, parfois correctement, parfois incorrectement : le verbe encourir. Par exemple, si vous écoutez les nouvelles et qu’on dit d’un criminel que sa peine encourue est de deux ans, mais qu’on dit ensuite au sujet du gouvernement qu’il doit justifier les dépenses encourues, quelle(s) utilisation(s) est (sont) correcte(s), à votre avis?
ENCOURIR
«v. tr. LITTÉR. Se mettre dans le cas de subir (qqch. de fâcheux). → mériter (cf. s’exposer à). Encourir une amende, des peines très sévères.»(1)
«v. tr. (LITT.) S’exposer à (quelque chose de fâcheux). Encourir une amende, un châtiment.
FORMES FAUTIVES
*encourir. Anglicisme au sens de engager (une dépense).
*encourir. Anglicisme au sens de contracter (une dette).
*encourir. Anglicisme au sens de subir (une perte).»(2)
Ainsi, on constate qu’il est incorrect d’utiliser le verbe encourir au sens de «contracter une dette», «engager une dépense» ou «subir une perte». Ce qu’il faut retenir, ce que lorsqu’on utilise le verbe encourir, il doit y avoir l’idée de s’exposer à quelque chose aux conséquences désagréables, ou risquer un danger, une peine. La dépense, la dette ou la perte sont certes des événements fâcheux, mais ce sont plutôt leurs conséquences qui amèneront des désagréments.
On pourrait ainsi dire :
La perte que j’ai subie m’a fait encourir le blâme de mes pairs.
J’ai encouru la honte de ma famille après leur avoir avoué l’énorme dette que j’avais contractée.
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(1) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(2) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
mercredi 30 novembre 2011
mardi 29 novembre 2011
Le mot nouveau du mardi
Contexte :
Lu dans la chronique Voix publique de Josée Legault, dans l’édition du 3 novembre 2011 du Voir. «Prenons le PLQ [Parti libéral du Québec]. Il n’a plus de ‘‘libéral’’ que le nom. Sous Jean Charest, un pur produit du sérail Mulroney, il a pris de airs résolument conservateurs.»
SÉRAIL
«n. m. (ANCIENN.) Palais du sultan ottoman.»(1)
«n. m. 1. Palais du sultan, dans l’Empire ottoman. – LOC. FIG. Être né, élevé dans le sérail; être, faire partie du sérail : appartenir à une élite, un milieu influent fermé, par naissance ou cooptation(a) (→ happy few, initié). 2. VX ou ABUSIF Harem. – Femmes du harem.»(2)
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(a) COOPTATION
«n. f. Nomination d’un membre nouveau, dans une assemblée, par les membres qui en font déjà partie.»(2)
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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
Lu dans la chronique Voix publique de Josée Legault, dans l’édition du 3 novembre 2011 du Voir. «Prenons le PLQ [Parti libéral du Québec]. Il n’a plus de ‘‘libéral’’ que le nom. Sous Jean Charest, un pur produit du sérail Mulroney, il a pris de airs résolument conservateurs.»
SÉRAIL
«n. m. (ANCIENN.) Palais du sultan ottoman.»(1)
«n. m. 1. Palais du sultan, dans l’Empire ottoman. – LOC. FIG. Être né, élevé dans le sérail; être, faire partie du sérail : appartenir à une élite, un milieu influent fermé, par naissance ou cooptation(a) (→ happy few, initié). 2. VX ou ABUSIF Harem. – Femmes du harem.»(2)
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(a) COOPTATION
«n. f. Nomination d’un membre nouveau, dans une assemblée, par les membres qui en font déjà partie.»(2)
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(1) [DE VILLERS, Marie-Éva (2007). Multidictionnaire de la langue française, 4e édition. Éditions Québec Amérique inc.]
(2) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
Sujet :
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lundi 28 novembre 2011
L’hors du temps…
Parce que l’originalité et la créativité tiennent souvent dans de petits détails qui passent facilement inaperçus…
Vu dans le film Cashback.
samedi 26 novembre 2011
Le mot nouveau du samedi
Contexte :
Lu dans une nouvelle insolite le 3 novembre dernier sur le site Les nouvelles Sympatico.ca. «Richard Kapinga, un comptable de 42 ans, se voit reprocher d’avoir eu la somme de 404.120.778,07 kwachas (2,4 millions de dollars) entre le 5 et le 22 septembre sur deux comptes lui appartenant et le bureau ACB suspecte que l’argent ait été ‘‘acquis par corruption’’, car la somme est disproportionnée par rapport à ses émoluments d’environ 300 dollars par mois.»
ÉMOLUMENT
«n. m. 1. VX Avantage, profit revenant légalement à qqn. ◊ MOD. DR. Actif que recueille un héritier, un légataire universel ou un époux commun en biens. 2. AU PLUR. Rétributions des actes tarifés d’un officier ministériel. → honoraires. ◊ PAR EXT. (ADMIN.) Rétribution représentant un traitement fixe ou variable. → appointements, honoraires, rémunération, salaire, traitement.»(1)
«Nom commun masculin
(Justice) Honoraires des officiers ministériels.
(Droit) Part des bénéfices de la communauté revenant à chacun des deux époux.
(Administration publique) Ensemble des sommes que touche un fonctionnaire quand, à son traitement fixe, soumis à une retenue pour pension civile, viennent s’ajouter des indemnités, des allocations non soumises à cette retenue.»(2)
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(1) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(2) Wiktionnaire
Lu dans une nouvelle insolite le 3 novembre dernier sur le site Les nouvelles Sympatico.ca. «Richard Kapinga, un comptable de 42 ans, se voit reprocher d’avoir eu la somme de 404.120.778,07 kwachas (2,4 millions de dollars) entre le 5 et le 22 septembre sur deux comptes lui appartenant et le bureau ACB suspecte que l’argent ait été ‘‘acquis par corruption’’, car la somme est disproportionnée par rapport à ses émoluments d’environ 300 dollars par mois.»
ÉMOLUMENT
«n. m. 1. VX Avantage, profit revenant légalement à qqn. ◊ MOD. DR. Actif que recueille un héritier, un légataire universel ou un époux commun en biens. 2. AU PLUR. Rétributions des actes tarifés d’un officier ministériel. → honoraires. ◊ PAR EXT. (ADMIN.) Rétribution représentant un traitement fixe ou variable. → appointements, honoraires, rémunération, salaire, traitement.»(1)
«Nom commun masculin
(Justice) Honoraires des officiers ministériels.
(Droit) Part des bénéfices de la communauté revenant à chacun des deux époux.
(Administration publique) Ensemble des sommes que touche un fonctionnaire quand, à son traitement fixe, soumis à une retenue pour pension civile, viennent s’ajouter des indemnités, des allocations non soumises à cette retenue.»(2)
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(1) [ROBERT, Paul (2004). Le nouveau Petit Robert. Paris.]
(2) Wiktionnaire
vendredi 25 novembre 2011
Sainte-Catherine
En cette journée du 25 novembre, qui est le jour des catherinettes, je m’éloigne un peu de mes billets étymologiques habituels, et me penche sur l’origine de la fête des vieilles filles qu’est celle de la Sainte-Catherine.
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(1) Wikipedia
(2) Joyeuse-fete.com
(3) Expressio.fr
(4) Office québécois de la langue française
Autres sources à consulter :
Insecula.com
Maisonsaint-gabriel.qc.ca
Catherine [d’Alexandrie] serait née vers 290 dans une famille noble d’Alexandrie, en Égypte. Dotée d'une grande intelligence, elle acquit rapidement des connaissances qui la placèrent au niveau des plus grands poètes et philosophes du moment. Une nuit, elle vit en songe le Christ et décida de lui consacrer sa vie, se considérant comme sa fiancée. Le thème du mariage mystique est commun dans l’Est méditerranéen.Maintenant, nous connaissons l’origine de cette fête. Toutefois, qu’en est-il de la tradition de manger de la tire cette journée-là?
Le paragraphe suivant décrit la fin de Catherine telle que rapportée par l’hagiographie chrétienne : L’empereur de Rome, Maximien, venu à Alexandrie, y présidait une grande fête païenne. La jeune fille saisit cette occasion pour tenter de l’amener à se convertir au christianisme, mais cela ne fit que soulever sa colère. Pour la mettre à l’épreuve, il lui impose un débat philosophique avec cinquante savants, mais au grand dépit de l’empereur, elle réussit à les convertir. Maximien les fait exécuter et pourtant propose le mariage à Catherine qui refuse avec mépris. L’empereur ordonne alors de la faire torturer en usant d’une machine constituée de roues garnies de pointes. Par un miracle divin, les roues se brisent sur son corps, et les pointes aveuglent les bourreaux. Obstiné, Maximien ordonne alors qu’elle soit décapitée.(1)
Elle finira décapitée le 25 novembre 307 et deviendra la seule Sainte du paradis à posséder trois auréoles : la blanche des vierges, la verte des docteurs et la rouge des martyrs.
[…]
La tradition de Sainte Catherine remonte au Moyen Âge. À l'époque, les filles de 25 ans qui n’étaient pas encore mariées revêtaient des tenues et des chapeaux extravagants et se rendaient en cortège devant une statue de Sainte Catherine pour la parer de fleurs, rubans, chapeaux ... Elles coiffaient Sainte Catherine dans l’espoir de trouver un mari!(2)
Par sa virginité, sainte Catherine est le symbole de la pureté (le nom vient d'ailleurs du grec katharos qui veut dire «pur», mot d’où vient aussi le nom des Cathares.
[…]
Si elles respectent la tradition, le 25 novembre, ces célibataires doivent se mettre un couvre-chef comportant les couleurs jaune (symbole de la foi) et verte (symbole de la connaissance), en rappel de l’ancienne tradition qui voulait que des jeunes filles coiffent la statue de sainte Catherine à Paris, ce jour-là.(3)
On raconte que Marguerite Bourgeoys, notre première institutrice nationale, aurait concocté cette friandise pour attirer les jeunes Amérindiens à l’école... peut-être un 25 novembre, jour de la fête de sainte Catherine. Est-ce la vérité ou simplement une belle histoire? Ce qui est sûr, c’est que cette journée, jusqu’à un passé pas si lointain, était célébrée chaque année dans toutes les écoles du Canada français. Outre qu’on s’y amusait, cette fête était également l’occasion pour les écoliers de manger de la tire. Et le plaisir ne s’arrêtait pas là, on profitait également de l’occasion pour en confectionner à la maison où la préparation de cette friandise et, surtout, la fameuse étape d’étirement devenaient prétexte à la fête et peut-être aux rapprochements entre catherinettes (nos jeunes filles de 25 ans et plus qui n’avaient toujours pas trouvé mari) et jeunes gens disponibles.Ainsi, ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne fête de la Sainte-Catherine, avec ou sans coiffe, et préférablement avec de la bonne tire Sainte-Catherine.
Mais, au risque d’ébranler la légende, on trouve une tradition semblable aux États-Unis où la coutume de se réunir pour confectionner le taffy, de la même manière, et peut-être dans le même but qu’ici, est également rapportée; ces soirées étaient appelées taffy-pull ou taffy-pulling. Qui plus est, on dit qu’elles subsisteraient encore dans le pays de Galles. Peut-on penser que cette coutume aurait été apportée ici par les Britanniques?(4)
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(1) Wikipedia
(2) Joyeuse-fete.com
(3) Expressio.fr
(4) Office québécois de la langue française
Autres sources à consulter :
Insecula.com
Maisonsaint-gabriel.qc.ca
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